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Discours de Luc CHATEL à La Baule – Mardi 19 août 2014

Entête: 

Mes chers amis,

En prenant mes fonctions de Secrétaire général de l’UMP, en juin dernier, je me suis donné 150 jours pour vous redonner la parole, à vous nos militants. 150 jours d’ici à un Congrès qui doit ouvrir une nouvelle ère pour l’UMP.

Aujourd’hui, ici, à La Baule, je vous dois une confidence, une confidence personnelle – elles sont rares chez moi : j’ai fêté ces derniers jours mes 50 ans, en même temps que mes 50 premiers jours à la tête de notre Mouvement, et 50.000 militants de plus à l’UMP !

Oui, depuis début août, nous disposons officiellement de ces chiffres : après avoir dépouillé l’intégralité des adhésions que nous transmettent les fédérations, nous sommes en mesure de dire que l’UMP compte près de 170.000 adhérents à jour de cotisions au 30 juin 2014, soit presque 50.000 adhérents de plus qu’en 2013 à la même date.

Dans la perspective du Congrès, la Haute autorité affinera ces chiffres. Mais, qu’est-ce que nous pouvons d’ores et déjà en conclure ? Non pas que l’UMP ne compte qu’un peu moins de 170.000 adhérents, alors qu’en 2013, elle en comptait plus de 250.000. Evidemment pas! Ce serait juste oublier que nous ne sommes qu’à mi- année, à la moitié du parcours.

Non, ce que ces chiffres illustrent au contraire, c’est une accélération encourageante des adhésions à l’UMP. Et une accélération qui se poursuit : ce que je peux vous dire en effet, à partir des premières données partielles dont nous disposons, c’est que la tendance semble se confirmer en juillet et en août.

Surtout, parmi ces presque 50.000 adhérents supplémentaires au 30 juin, plus de la moitié, près de 27.000, sont des gens qui n’avaient jamais adhéré à l’UMP.
Permettez qu’à travers vous, ici, à La Baule, aujourd’hui, je remercie ces Françaises et ces Français qui, comme chacun d’entre vous, se donnent la peine un jour de s’engager, par idéal et par conviction ; tous ceux qui chaque semaine sur les marchés, dans nos circonscriptions, se dépensent sans compter ; toujours sur le terrain, sans jamais rien attendre en retour, si ce n’est la fierté de défendre des idées, la conviction de servir notre pays.

Depuis 2012, nos militants ont pourtant connu tant de déceptions, jusqu’à la crise qui a secoué notre Mouvement à l’issue des élections européennes. Et, malgré toutes les tempêtes, ils sont encore au rendez-vous !
En prenant mes fonctions, en juin dernier, je me suis dit : nous avons 150 jours pour changer d’époque ; et, parce que toute crise, quelle qu’elle soit, ouvre des opportunités, je me suis dit que nous avions, c’est ma conviction, l’opportunité aujourd’hui de réinventer un modèle.

Depuis le mois de juin, nous avons fait ce qu’aucun mouvement politique n’avait fait avant nous : nous avons fait la transparence. Oui, dans la vie des partis politiques français marquée, pourquoi ne pas le dire, par l’opacité, c’est une première ! - et que nul ne se fasse d’illusion, ni rue de Solferino, ni au château de Montretout, ce que nous avons fait crée un précédent dans la vie politique française.
Nous avons fait la transparence avec un audit de nos finances présenté à la presse et rendu public (1). Avec un plan d’économies qui va même au-delà de ce que recommande cet audit. Enfin, après la transparence, j’ai souhaité ouvrir une seconde étape : celle de l’exemplarité. Les partis politiques ne doivent plus échapper aux règles qui s’imposent dans n’importe quelle entreprise, n’importe quelle organisation. Ce travail va se poursuivre, avec de nouvelles initiatives. Oui, nous sommes en train de changer d’époque.

Et d’ailleurs, lorsque j’entends mes amis, candidats déclarés à la présidence de l’UMP, il n’y en a pas un qui, dans son programme, ne promette la « transparence et l’exemplarité ». Ce sont mes amis et ils ont raison. Et j’ai une bonne nouvelle pour celui que vous aurez désigné fin novembre, début décembre : lorsque je le lui remettrai les clés de notre Mouvement, ce sera déjà fait !

Ce changement d’époque, vous le demandiez, vous l’exigiez. Nous vous le devions, à vous nos militants. Nous le devons à nos électeurs, nous le devons aux Français.
Ce que les Français comme nos militants ne supportent plus, c’est aussi ce climat de division quand ce n’est pas de règlements de compte, sur fond d’ambitions et de batailles d’égo, si loin des attentes du pays. En un mot, vous ne supportez plus d’avoir la droite la plus bête du monde ? Moi non plus !

Nous avons 150 jours pour ouvrir une nouvelle ère. Et nous n’avons pas le choix ! Car, au fond, si la question de l’existence même de l’UMP a été posée avec la crise que nous avons traversée, il s’agit en réalité de bien plus que notre parti. Il s’agit de notre pays. Le véritable enjeu est de savoir si entre le Parti socialiste et le Front national, les Français ont aujourd’hui encore, un autre choix possible : entre un FN dont chacune des propositions conduirait à ruiner notre pays et un PS qui a commencé à le faire, y-a-t-il encore une alternative possible ?

C’est là encore tout le sens de la mission qui m’a été confiée, aux côtés du collège des trois anciens premiers ministres. Une mission de 150 jours pour créer les conditions d’un rassemblement très large derrière celui que nos militants désigneront en novembre prochain. En redonnant la parole à nos militants. En faisant de ce Congrès une élection transparente et incontestable. En faisant de ce Congrès l’occasion d’un débat apaisé qui permette de nous rassembler autour d’une ligne politique et, au fond, autour d’une ambition pour le pays.

150 jours pour sauver la première force d’opposition dans notre pays – seule capable d’offrir une alternative crédible pour notre pays.

Parce que, chacun le mesure – et ces derniers jours plus que jamais : notre responsabilité est immense !

Lorsque j’entends M. Hollande nous expliquer, le 14 juillet, que « la reprise est là » et, M. Valls, quinze jours plus tard, nous avertir avant de partir en vacances, qu’en matière de conjoncture économique « la rentrée va être difficile », je me dis qu’il y a urgence. Face à une gauche au pouvoir qui semble comme dépassée par l’ampleur de ses propres échecs, notre devoir est d’être comme jamais en ordre de marche.

Les chiffres révélés la semaine dernière par l’INSEE raisonnent comme un coup de tonnerre : croissance zéro aux 1er et 2nd trimestres !

Ce n’est pas seulement l’ensemble des hypothèses économiques et budgétaires du gouvernement, mais la crédibilité politique de MM. Hollande et Valls qui s’est effondrée tel un château de cartes !
Croissance zéro et M. Valls nous dit : « Hors de question de changer de politique » ! L’encéphalogramme plat de la croissance française exigerait un électrochoc, des mesures d’urgence … et la seule réponse du Premier ministre, c’est : « surtout, on ne change rien. Le Pacte, tout le Pacte, rien que le Pacte ».

Les Français ne croient plus aux « pactes », ils attendent des « actes » : voilà ce que disent nos compatriotes quand, à plus de 80%, ils disent ne plus avoir confiance dans ce gouvernement pour redresser l’économie.

Ce « Pacte de responsabilité » apparaît désormais comme le symbole d’un président de la République incapable de passer de la parole aux actes.
Nous nous trouvons face à un gouvernement tétanisé, incapable de faire face à l’urgence économique… trop occupé à colmater sans fin les brèches de ce qui reste de sa propre majorité.
Les déclarations de M. Sapin, dans Libération hier, laissant entendre que les entreprises se refuseraient de « prendre leurs responsabilités », illustrent pleinement ce mauvais jeu de rôle qui consiste en permanence à envoyer des signes à la gauche de la gauche en stigmatisant les entreprises.

Et pourtant, pourquoi cette croissance zéro ? L’investissement, principal ressort de la croissance, est en panne : après -0,7%, -0,8% au 2nd trimestre. Et, pourquoi les entreprises n’investissent plus ? La confiance n’est plus là. Ce climat de défiance dont le gouvernement porte en partie la responsabilité : taxe à 75%, taxation des plus-values, IS avoisinant les 38% contre 30% en moyenne en Europe…

L’urgence est de rétablir un climat de confiance avec nos entreprises ; M. Sapin et le gouvernement s’évertuent à l’inverse à entretenir en permanence un climat de défiance vis-à-vis des entreprises !

Oui, mes chers amis, notre responsabilité est immense. Il y a cet enjeu pour le pays au cœur de cette mission de 150 jours que nous devons conduire ensemble pour ouvrir, avec ce Congrès, une nouvelle ère pour l’UMP et, rassemblés, porter une ambition pour la France.

 

 

Luc CHATEL,

Secrétaire Général de l'UMP

 

(1)     http://www.u-m-p.org/actualites/a-la-une/audit-sur-la-situation-financiere-de-lump-10848907

 

 

Seul le prononcé fait foi.

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