La Droite Sociale propose de tracer socialement les produits. Pour indiquer aux consommateurs les entreprises qui respectent des normes sociales fondamentales Une idée qui s’inscrit dans la volonté du président Nicolas Sarkozy d’instaurer dans tous les pays un socle de protection sociale universelle
« Entre un gobelet fabriqué en Chine et un autre fabriqué au Puy-en-Velay, le consommateur doit savoir comment ce gobelet a été fabriqué et si l’entreprise respecte des normes sociales fondamentales : le non travail des enfants, le non travail forcé, le salaire décent selon le niveau de vie du pays, un minimum de protection sociale, une liberté syndicale ».
Dans le souci de rendre le citoyen conscient et responsable de l’impact de ses choix de consommation qui l’incite bien souvent à acheter le moins cher, Laurent Wauquiez avait invité mercredi après-midi par le biais de son club politique Droite Sociale * et dans le cadre de l’élaboration du projet UMP 2012 à une réflexion autour de la «Traçabilité sociale » et de voir « si derrière cette idée nous pouvions mettre en œuvre des propositions d’action ».
« La traçabilité sociale repose sur la possibilité de chacun de faire le bon choix en toute responsabilité, d’être un ”consomm’acteur“ », résume Joseph Thouvenel, secrétaire général-adjoint de la CFTC, syndicat à qui l’on doit l’émergence de cette idée.
« Il ne s’agit pas de culpabiliser mais d’aider chacun, à la fois producteur et consommateur, à refuser le non-sens d’une globalisation irrespectueuse de la personne humaine grâce à un étiquetage et à un label simples, garants d’une véritable responsabilité sociale de l’entreprise », poursuit le responsable syndical.
Avantage de ce label : il contournerait la difficulté des règles actuelles de l’organisation mondiale du commerce (OMC) qui interdit la mise en place de clause sociales. Ce label placerait le consommateur en conscience et en responsabilité.
A travers cette idée la droite sociale et la CFTC se rejoignent dans l’objectif :maintenir et créer des emplois de qualité dans notre pays tout en permettant le développement d’un vrai salariat sur l’ensemble de la planète et par la même occasion d’activer le troisième pilier fondamental du développement durable : celui du social.
Mais pour que cette idée voit le jour et qui correspond à ses valeurs profondes, la France qui s’honore à porter ce débat, ne pourra réussir seule. L’aide de l’Europe est indispensable pour engager ce qui pourrait être une partie de bras de fer avec la Chine, l’Inde et des pays émergeants comme le Brésil qui ne prennent pas en compte les normes sociales qui font la plus value des entreprises françaises et européennes mais économiquement à ce jour une moins-value en raison des investissements qu’elle nécessite.
Hier à la tête de l’Europe, aujourd’hui à la tête des G8 et G20, Nicolas Sarkozy n’est pas résigné et porte ce combat en réclamant inlassablement un socle de protection sociale universelle.
L’UMP soutient profondément sa démarche qui contribue à veiller au développement social sur l’ensemble de la planète.
Pour concrétiser cette démarche, une proposition de lois va être déposée prochainement ? Elle a rassemblé la signature d’une centaine de parlementaires de l’UMP conscients que derrière ce label se jouait une vraie question de fond : la construction de la société française et plus largement de celle européenne et de ses équilibres. Des principes de bon sens devront se retrouver à l’échelle européenne comme le renforcement des contrôles des marchandises aux frontières.
« Cette protection légitime de notre système français et européen, il faut en être fier », estime Joseph Thouvenel. « Il ne faut pas avoir honte d’être dans une société civilisée. Nous avons le devoir de protéger nos libertés économiques et les droits de l’Homme. En évitant d’alimenter des usines de quasi-esclavage à l’autre bout de la planète, en mettant en place ce label, nous pourrons enclencher un mouvement de mondialisation inverse ».
*La Droite Sociale est un groupe parlementaire qui rassemble une cinquantaine de députés et sénateurs UMP issus des familles démocrates chrétiennes, gaullistes sociales et centristes dont l’une des ambitions est de faire entendre la sensibilité sociale au sein de l’UMP. Son action s’inscrit dans la volonté de l’UMP de porter des débats sans tabou dans la perspective de la présidentielle et de l’élaboration du projet UMP 2012