Premier poste de dépense dans le budget des ménages devant l’alimentation et les transports, le logement est au cœur des préoccupations des Français. Il cristallise ces grands thèmes de société que sont la famille, le pouvoir d’achat, le vivre ensemble. Avec son lot d’espoir et de déception.
Mardi, lors de la Convention UMP sur le Logement animée par Valérie Rosso-Debord, Déléguée générale-adjointe en charge du Projet, Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au Logement, constate une « vraie fracture immobilière » liée à l’explosion démographique dans certaines régions et à la régression dans d’autres. « Or on a continué à construire des logements dans des régions qui n’en n’avaient pas besoin tandis qu’on ne construisait pas assez dans les grandes agglomérations, en raison d’un manque de foncier disponible », remarque Benoist Apparu s’appuyant sur les exemples de l’Auvergne et de l’Ile-de-France. Il faut donc « produire des logements là ou cela est nécessaire. Et des logements qui correspondent aux besoins et réalités de la société d’aujourd’hui : autonomie des jeunes, familles recomposées, vieillissement de la population », détaille Benoist Apparu pour qui « on ne peut pas produire les mêmes logements qu’il y a 20 ans ».
« Il faut créer un choc d’offre, en construisant plus pour les classes moyennes » suggère Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général-adjoint. Pour Benoist Apparu et Marc-Philippe Daubresse, il faut notamment agir fiscalement sur le foncier pour éviter les spéculations. « En fait, il faut inverser la fiscalité : plus on garde un terrain non bâti, plus on est fiscalisé », évoque Benoist Apparu.
Dans sa conviction qu’il n’y a pas de fatalité face aux défis du logement, l’UMP formule 20 propositions dont plusieurs sont axées sur le « parcours résidentiel adapté » à chaque foyer.
Le parcours résidentiel adapté, c’est le développement de l’offre de logements pour les classes moyennes en construisant beaucoup plus d’habitations intermédiaires avec un objectif de 10% de logements sur les constructions nouvelles. « La mixité sociale ne consiste pas seulement à développer du logement social, parfois dans des proportions déraisonnables », remarque Jean-François Copé souhaitant également « une offre locative de logement intermédiaire à prix maitrisé ».
Le parcours résidentiel adapté c’est également la création d’un « droit à l’achat » des logements sociaux par les locataires volontaires. « Il est légitime qu’après avoir payé des loyers pendant plusieurs années, des locataires puissent acheter leur logement », remarque Jean-François Copé. Une telle disposition permettra de faciliter la vente HLM alors que les bailleurs sociaux se font tirer les oreilles pour céder ce qu’ils considèrent être leurs bijoux de famille. « Avec les revenus dégagés par la vente d’un appartement, on peut en construire trois autres. C’est un des nœuds à faire sauter » assure François-Noël Buffet, sénateur-maire d’Oullins (Rhône) constatant à l’instar de l’agglomération lyonnais que « le parcours résidentiel est totalement bloqué. Ceux qui sont dans le social n’en sortent pas. Et ceux qui veulent acheter n’y arrivent pas ».
Ce qui renvoie à la vocation du logement social : « Une population est sociale en fonction de ses ressources et non parce qu’elle occupe un logement social », répond Marc-Philippe Daubresse pour qui les logements sociaux doivent être réservés soit aux revenus modestes qui n’ont pas les moyens de se loger dans le locatif privé ou d’accéder à la propriété, soit aux personnes pour lesquelles il s’agit d’une étape dans le parcours résidentiel en raison d’une situation particulière ( chômage, divorce, décès…).
« Un logement, c’est un projet de vie. C’est un élément de stabilité face aux incertitudes de la vie. C’est la première pierre à partir de laquelle nos concitoyens peuvent construire tant et tant de projets », témoigne Jean-François Copé s’appuyant sur son expérience de maire de Meaux et de toutes celles des élus UMP engagés pour construire plus et construire mieux, en fonction des besoins des différentes catégories de population.
Des engagements et des réflexions qui se traduisent au travers des 20 propositions de l’UMP.