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Les éditos de l'équipe dirigeante

Il est venu le temps de passer de la promesse aux actes

Mes chers amis,

Notre pays est confronté à une succession de graves crises économiques, sociales, politiques auxquelles vient s'ajouter l'interrogation sur l'identité de la France. Jamais les Français n'avaient manifesté une telle inquiétude pour l'avenir, une telle colère contre la politique de ce gouvernement, un tel scepticisme à l'endroit de la parole publique.

Conscient de la gravité de tous ces défis et de notre responsabilité pour les années qui viennent, j'ai, tout au long de la campagne pour la présidence de notre famille politique, plaidé pour sa transformation en profondeur. Un nouvel élan est plus que jamais nécessaire. Notre victoire aux élections départementales ne doit pas nous conduire à croire que tout est acquis. Elle nous incite, au contraire, à être encore plus déterminés à avancer. Une nouvelle force politique doit voir le jour capable de rassembler toutes les femmes et tous les hommes désireux de préparer l'alternance, le redressement de la France et le retour aux valeurs fondamentales de la République.

Le moment est aujourd'hui venu de passer de la promesse aux actes, conformément au mandat que vous m'avez donné. Ainsi, nous pourrons tourner la page des divisions qui ont abimé l'image de notre mouvement. Nous sommes les représentants d'un courant politique majeur, les héritiers d'une pensée qui a profondément influencé la conduite de notre pays. Nous ne devons laisser aucune prise à la caricature, aucun espace à tous ceux qui voudraient nous résumer à cet épisode de division, ou nous assimiler à un parti socialiste avec lequel tant de choses essentielles nous oppose.

Nos victoires électorales futures dépendront de notre capacité à réunir autour de nos idées le plus grand nombre de Français, y compris ceux, chaque jour plus nombreux, qui ne se reconnaissent qu'imparfaitement dans les clivages politiques traditionnels.

Au fond, nous devons rassembler tous ceux qui refusent de voir leur choix se réduire à un socialisme d'un autre âge, incapable d'imaginer le futur dans le monde d'aujourd'hui, et à l'impasse extrémiste qui a tous les défauts des partis traditionnels, sans avoir la capacité de soulever la moindre espérance.

Même si beaucoup de Français se sont souvent détournés des partis, même s'ils doutent de la politique, une majorité d'entre eux partage notre ambition d'une alternance digne de ce nom, qui rompra définitivement avec le socialisme, la faiblesse, le renoncement. Nous devons incarner les valeurs fondamentales qui constituent notre socle commun, redonner du sens à l'action publique, affirmer notre volontarisme, refuser la fatalité de l'échec et de la médiocrité.

Ces valeurs, ce sont celles de la République. Avant d'être gaullistes, libéraux, chrétiens-démocrates, centristes, radicaux, nous sommes attachés à l'idéal républicain. Nous sommes nombreux à penser que la République a trop reculé face aux entorses multiples qui sont faites à ses principes. Qui pourrait contester que le rétablissement d'une République forte est plus que jamais nécessaire ?

En proposant de nous appeler « Les Républicains », nous voulons montrer la volonté de ne céder en rien face à ce qui au quotidien affaiblit la République. L'application sans faiblesse des principes Républicains n'est plus un choix, c'est une nécessité qui doit devenir notre priorité. Plus qu'un nom, les Républicains, c'est d'abord un combat, un projet, et une vision de l'avenir de la France.

La République, c'est la liberté, ce n'est pas la contrainte. La République, c'est l'autorité, ce n'est pas le laxisme. La République, c'est le mérite, ce n'est pas le nivellement. La République, c'est l'effort, ce n'est pas l'assistanat. La République, c'est la laïcité, ce n'est pas le prosélytisme et l'intégrisme. La République, c'est l'unité, ce n'est pas l'addition de communautarismes. La République, c'est un combat permanent, ce n'est pas un recul de tous les jours. La République c'est la France, la République c'est la Nation.

Notre famille politique a longtemps fait sienne le mot République, de l'Union pour la Défense de la République (UDR) au Rassemblement Pour la République (RPR). Ceux d'entre vous de sensibilité démocrate chrétienne se souviennent sans doute du MRP (le Mouvement Républicain Populaire) et les plus libéraux d'entre nous ont en mémoire les Républicains Indépendants ou plus récemment le Parti Républicain. Choisir de s'appeler « Les Républicains », c'est ainsi à la fois respecter notre héritage et montrer notre volonté de défendre sans relâche cet idéal républicain, qui fait partie de l'identité de la France.

En vous proposant de refonder notre formation politique, j'ai souhaité adapter notre fonctionnement à la réalité du XXIème siècle. Je veux que vous soyez des adhérents participants que l'on sollicite, des militants qui peuvent donner leur avis, qui votent sur tous les grands choix de personnes ou de projets. Cette exemplarité démocratique est déterminante pour recréer un lien de confiance solide avec les Français. Lorsque l'alternance viendra, nous parlerons le même langage à tous les Français : ils devront être consultés par référendum lorsque des questions essentielles concernant l'avenir de la France seront posées, parce que c'est aux Français d'avoir toujours le dernier mot.

La réforme des statuts que nous vous proposons repose sur un principe simple : le mouvement « Les Républicains » fera de la démocratie interne sa règle de fonctionnement. C'est pourquoi je vous demanderai de voter sur les nouveaux statuts et le nom de notre formation. Ainsi je respecte ma parole et je m'engage comme doit le faire le Président de sa famille politique.

Vous élirez directement les Présidents des fédérations départementales, en lieu et place de leur désignation par des grands électeurs. L'élection deviendra la règle de composition des instances de direction de notre mouvement, y compris le bureau politique. Les jeunes de notre mouvement éliront également leur président au suffrage universel direct.

Vous serez consultés régulièrement sur toutes les questions politiques majeures. Ce sera un changement profond, qui correspond à ma conception de la vie d'un parti politique : adhérer n'a de sens que si l'on sait que l'on sera respecté et donc écouté.

Enfin, la parité sera respectée dans toutes les instances de décision de notre mouvement.

Le 30 mai prochain, si vous partagez ces orientations, notre famille se réunira en Congrès pour devenir « Les Républicains ». En faisant le choix du mouvement plutôt que du statu quo, en affirmant clairement notre combat, la République, nous allons franchir une étape décisive sur le chemin de l'alternance.

Votre participation nombreuse sera la réponse à tous ceux qui, chez nos opposants, voudraient nous empêcher de choisir librement le nom de notre mouvement. Eux qui ont tant affaibli la République devront maintenant compter avec la force des Républicains que nous allons rassembler.

Mes chers amis,
Les Républicains, c'est vous.
Vous qui ne vous résignez pas.
Vous qui croyez dans l'autorité, le progrès, le travail, la responsabilité, le mérite, la liberté.
C'est à vous qu'il revient de construire l'avenir.

L'alternance est en marche. Rien ne l'arrêtera.

Nicolas SARKOZY

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