Les éditos de Jean François Copé

Manuel Valls présente aux Français la facture de son absence de courage

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Manuel Valls présente aux Français la facture de son absence de courage

Dans son discours de politique générale, Manuel Valls avait annoncé vouloir renégocier, une seconde fois depuis l'élection de François Hollande, le rythme de réduction de nos déficits. Devant le refus sans appel de Bruxelles de cautionner une nouvelle explosion de notre dette, le Premier ministre a été obligé d'improviser en catastrophe une déclaration pour tenter de donner des gages de sérieux sur les fameux 50 milliards d'économies qu'on nous promet depuis des mois sans autre précision...

On attendait donc un plan de bataille clair, courageux, préparant l'avenir. Peine perdue, Manuel Valls a empilé les chiffres globaux tout en se gardant d'entrer dans les détails. De toute évidence, le compte n'y est pas. Par exemple on voit mal comment « optimiser notre dépense dans le domaine des médicaments » permettrait de dégager 11 milliards d'économies sur les dépenses de l'assurance maladie.

Pire, Manuel Valls n'a pas annoncé une réforme de structure. Il s'est contenté de trouver des expédients qui lui permettent de grappiller du temps, mais vont coûter cher aux Français sans permettre ni de sortir de la crise ni de réduire durablement la dette. Manuel Valls a présenté la facture de son absence de courage politique à 15 millions de retraités, à 7 millions de familles, à 5,2 millions de fonctionnaires. Précisément ceux qui font partie de ces classes moyennes déjà tant accablées depuis deux ans !

Plutôt que de porter une vraie réforme des retraites, portant sur l'âge légal de départ et la fusion des différents régimes, Manuel Valls a décidé de geler les pensions. Un nouveau coup dur pour les retraités, qui depuis deux ans, ont subi le report de l'indexation de leurs retraites complémentaires, la fiscalisation des avantages de ceux qui ont eu 3 enfants ou plus et la création d'une nouvelle taxe spécifique, la Contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie. Plutôt que de réduire le nombre de fonctionnaires afin de mieux les payer, Manuel Valls a confirmé l'embauche de 60 000 d'entre eux dans l'Education nationale et reconduit pour 3 ans le gel du point d'indice. C'est la paupérisation de la fonction publique qui est au bout de cette logique. Plutôt que de s'attaquer à certaines dépenses sociales injustifiables, comme l'Aide Médicale d'Etat pour les clandestins, Manuel Valls a annoncé un gel des prestations familiales. Un nouveau coup de massue pour les familles nombreuses déjà éprouvées par le double rabot du quotient familial... L'appauvrissement de ces Français va encore s'aggraver !

C'est une faute, car dans le même temps, Manuel Valls n'a rien annoncé sur la question des 35 heures, sur la redéfinition du périmètre de l'Etat, sur le marché du travail, sur la refonte de la fonction publique, sur l'Ecole... Une fois de plus, Manuel Valls a fait de la com', mais pas de réformes. Ce n'est pas avec son plan parcellaire, injuste et sans vision que la France pourra se redresser.

A l'inverse, il faudrait, comme le propose l'UMP depuis des mois, mettre sur pied un véritable plan d'urgence pour notre pays, une politique de l'offre ambitieuse basée sur une baisse drastique de 130 milliards d'euros de dépenses publiques inutiles et une réduction des normes, des contrôles, des impôts qui étouffent notre économie. La priorité est de libérer les énergies ! Les Français ont envoyé un message de désaveu massif à François Hollande lors des élections municipales. Il ne l'a manifestement pas reçu. Il faut donc amplifier la sanction lors des élections européennes !

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