Les éditos de l'équipe dirigeante

Florange : symptôme d'une gauche à la dérive

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Florange : symptôme d'une gauche à la dérive

L'ahurissant imbroglio gouvernemental sur la question de Florange est avant tout une trahison pour les salariés de ce site, qui vivent un drame humain et qui ont le sentiment légitime d'avoir été trompés. Mais, cette affaire révèle également trois failles inquiétantes dans la politique du gouvernement de François Hollande : l'amateurisme de l'équipe gouvernementale, les limites des discours démagogiques face aux réalités de la crise et enfin l'absence dramatique de plan et de vision crédibles pour relancer l'économie de notre pays.

Jean-Marc Ayrault et son gouvernement ont fait preuve d'un amateurisme sidérant dans ce dossier. Après des semaines d'hésitations, de fausses annonces de reprise ou de nationalisation, de luttes intestines entre Arnaud Montebourg et son Premier ministre, on croyait tenir un accord. Et voilà qu'à peine Jean-Marc Ayrault avait-il fini d'expliquer laborieusement devant les Français que le site de Florange était sauvé, qu'on apprenait que Mittal renonçait, au moins temporairement, à un pan entier de l'accord signé avec le gouvernement, le projet Ulcos. Ce cafouillage n'est pas qu'une erreur de communication, il jette un doute global sur la crédibilité d'un gouvernement qui accumule les « couacs » depuis plus de 6 mois. Les rodomontades d'Arnaud Montebourg et les pantalonnades de Jean-Marc Ayrault ne peuvent tenir lieu de politique industrielle pour notre pays.

La seconde faille révélée par l'affaire de Florange, c'est le double discours permanent de François Hollande. Le 24 février 2012, en campagne, François Hollande se rendait à Florange et disait aux salariés : « je viens devant vous prendre des engagements […], je ne veux pas, moi, me retrouver dans la situation d'être élu sur une promesse et de ne pas revenir parce qu'elle n'aurait pas été tenue […] quand une grande firme ne veut plus d'une unité de production, elle sera obligée de la céder à un repreneur » pour qu'elle ne soit pas « démantelée ». Cette proposition était démagogique, nous l'avions dénoncée à l'époque. Aujourd'hui, elle sonne comme un mensonge car Mittal veut fermer les hauts fourneaux de Florange, et François Hollande vient d'entériner cette décision malgré ses promesses d'il y a 10 mois. François Hollande est désormais rattrapé par son cynisme de campagne et son autorité morale est discréditée.

Enfin la dernière faille est aussi la plus grave : la gauche n'a pas de plan pour sortir de la crise. C'est la raison de la détresse qui gagne tous les Français. Les trois textes phares sur le front de l'emploi et de la compétitivité - les emplois d'avenir, qui ne sont que des emplois jeunes redéguisés, la Banque publique d'investissement, qui est un assemblage de structures préexistantes, et le crédit d'impôt, qui n'efface pas les hausses de taxes sur les entreprises votées depuis l'été - ne sont que des mesures de marketing qui ne sont pas de nature à inverser la courbe du chômage. Rien dans la politique de François Hollande, qui se caractérise par l'absence de réformes de structure, ne permet d'espérer un retour de la croissance et donc de l'emploi.

Florange n'est donc pas qu'un échec ponctuel sur un dossier difficile, c'est le symptôme d'une crise beaucoup plus profonde de la politique et de la méthode de François Hollande. C'est le symptôme d'une gauche à la dérive face à laquelle, en tant que Président de l'UMP, j'entends incarner une opposition sans concession dans l'intérêt supérieur de la France.

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