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Il n'y a pas de sortie de crise possible sans réforme de l'Europe

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Il n'y a pas de sortie de crise possible sans réforme de l'Europe

L'Europe a fait un pas important vers la sortie de la crise financière. La Cour constitutionnelle de Karlsruhe, en Allemagne, a en effet donné, mercredi 12 septembre, son feu vert à la ratification du Traité européen de stabilité et du Mécanisme européen de stabilité (MES). Ces deux mécanismes, voulus par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, encouragent d'une part la maîtrise des comptes publics et d'autre part la solidarité financière entre Etats européens. Leur rejet aurait dangereusement resserré l'étau des marchés financiers sur la zone euro.

L'Allemagne a donc assumé ses responsabilités, il est temps pour François Hollande d'en faire de même. Alors que, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, le parlement français avait été l'un des premiers à ratifier le MES en février 2012, le processus du vote du Traité de Stabilité était bloqué depuis l'élection du nouveau Président de la République. Il faut dire que François Hollande avait fait campagne en disant qu'il refuserait ce Traité, avant de se renier contre l'avis d'une partie de sa majorité et de ses alliés Verts. Aujourd'hui, nous en sommes au point mort. Ces tergiversations ont pour double conséquence de paralyser la zone euro et de décrédibiliser la France qui, de pays « leader » sous Nicolas Sarkozy, est devenue un pays « suiveur » sous François Hollande.

A l'UMP, nous appelons François Hollande à mettre sans tarder le Traité européen à l'ordre du jour du Parlement français. Un texte que nous voterons car il a été négocié par Nicolas Sarkozy et qu'il va dans l'intérêt de la France. Il serait irresponsable d'attendre plus longtemps au seul motif que l'unité de la gauche plurielle est fragile. Le cynisme en politique a des limites : François Hollande a déjà sacrifié notre industrie nucléaire pour acheter la bienveillance des Verts, il ne va pas mettre en danger l'équilibre déjà précaire de la zone euro pour continuer à les ménager.

Toutefois, l'adoption de ce Traité, qui comprend une règle d'or budgétaire pour limiter les déficits, ne suffira pas à sortir de la crise si elle n'est pas accompagnée par de profondes réformes de structure. C'est là un autre point d'inquiétude pour l'avenir : la gauche se refuse pour l'heure à mettre en place un grand plan de modernisation de notre économie. François Hollande l'a d'ailleurs confirmé lors de son intervention télévisée de dimanche dernier : les hausses d'impôts sont pour maintenant, mais les réformes éventuellement pour dans deux ans… Or notre pays ne s'en sortira pas sans volonté de mener rapidement des réformes ambitieuses pour baisser le coût du travail, permettre de travailler plus, assouplir le marché de l'emploi, réduire la dépense publique, desserrer les contraintes administratives afin de libérer la croissance, favoriser l'innovation et la formation…

Enfin, la sortie de la crise ne se fera pas non plus sans une profonde réflexion sur la gouvernance de l'Europe dont le fonctionnement a montré trop de lourdeurs et de limites. Je pense qu'il faut notamment réhabiliter une Europe des frontières, qui n'hésite pas à se protéger quand cela est nécessaire. Il faut une Europe des peuples, avec des chefs d'Etats et de gouvernement qui auraient un plus grand pouvoir de décision. Il faut surtout une coopération franco-allemande renforcée qui agirait comme un noyau dur pionnier pour l'Europe. Je regrette que, sur tous ces sujets, François Hollande soit en retrait lui qui n'a jamais cité le mot d'Europe durant son intervention télévisée de dimanche soir. L'immobilisme n'est pas une option pour notre pays !

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