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Interview de F. Hollande : réaction de Luc Chatel

Les déclarations du président de la République ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation. Après le coup de tonnerre d’une croissance nulle aux premier et second trimestres 2014, M. Hollande, qui le 14 juillet annonçait une fois de plus « la reprise » aux Français,  semble désormais comme dépassé par l’ampleur de ses propres échecs.

 

Surtout, parce qu’il n’en a manifestement pas pris la mesure, le président de la République n’apparait plus en situation de faire face à la profonde crise de confiance que traverse notre pays.

 

Crise de confiance de l’opinion, d’abord. Seule réponse majeure à la gravité de la situation économique, un « Pacte de responsabilité » annoncé en janvier et qui, plus de six mois après, n’est toujours pas mis en œuvre. Ce « Pacte de responsabilité » apparaît surtout comme le symbole d’un président de la République incapable de passer de la parole aux actes.

 

Les Français ne croient plus aux « pactes », ils attendent des « actes » : voilà ce qu’expriment nos compatriotes quand, à plus de 80%, ils disent ne plus avoir confiance dans ce gouvernement pour redresser l’économie.

On nous annonce une « fusion de la prime pour l’emploi et du Revenu de Solidarité Active », ainsi qu’une « modification du barème de l’impôt sur le revenu ». Mais il ne s’agit là en réalité, que d’un dispositif de remplacement imaginé à la hâte après le camouflet, début août, de la censure du Conseil Constitutionnel.

 

Or, les salariés comme les Français, ne sont pas dupes. Ils comprennent qu’il en va de même avec ces mesures, qu’avec les « allégements de cotisations salariales » bricolés au lendemain des municipales et immanquablement censurés par les sages : M. Hollande se montre plus soucieux de faire baisser la pression au sein du groupe socialiste, que d’augmenter leur pouvoir d’achat.

 

Crise de confiance des acteurs économiques, ensuite.  L’investissement, principal ressort de la croissance, est en panne : après – 0,7%, -0,8% au second trimestre. Si le taux d’épargne des Français atteint des sommets à près de 16%, si les entreprises n’investissent plus, c’est parce que la confiance n’est plus là.

 

Ce climat de défiance qui s’est emparé de la sphère économique, le gouvernement en porte largement la responsabilité : taxe à 75%, taxation des plus-values à 60% contre 30% en moyenne chez nos partenaires européens, Impôt sur les Sociétés avoisinant les 38% contre 30% en moyenne en Europe…

 

Or, M. Hollande se contente d’annoncer d’hypothétiques « assises de l’investissement » en septembre – finalement, de renvoyer à plus tard. Là où la gravité de la situation économique du pays exigerait d’abord, des mesures d’urgence.

Surtout, M. Hollande s’en prend à nouveau aux entreprises en laissant entendre qu’elles ne « respecteraient pas leurs engagements ». L’urgence est de rétablir un climat de confiance avec nos entreprises ; le président de la République s’évertue, à l’inverse, à entretenir en permanence un climat de défiance vis-à-vis de ceux qui créent de la richesse et qui font la croissance.

 

Ce qui est présenté comme un « message de fermeté au patronat », ne fait qu’illustrer, en réalité, le mauvais jeu de rôle dans lequel M. Hollande s’est enfermé depuis deux ans, et qui consiste en permanence à envoyer des signes à la gauche du parti socialiste en stigmatisant les entreprises.

 

Aujourd’hui, la crise de confiance qui s’est emparée du pays ne s’explique pas seulement par l’échec du gouvernement. Elle est aussi fondée sur la faiblesse politique de l’exécutif : les Français comprennent que, si M. Hollande semble comme tétanisé, incapable de faire face à l’urgence économique, c’est parce qu’il est trop occupé à colmater sans fin les brèches de ce qui reste de sa propre majorité.

 

Luc CHATEL,

Secrétaire Général de l'UMP

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