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Nathalie
Kosciusko-Morizet, Rapporteur de la Commission des
Lois de l'Assemblée Nationale sur la Charte
de l'environnement
Voir les
auditions parlementaires en copiant cette adresse
dans votre navigateur :
http://www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/charte_environnement.asp
Bernard
Deflesselles, Membre du Conseil du Développement
Durable, Député des Bouches-du-Rhône,
auteur du rapport d'information sur "La charte
de l'Environnement : une valeur commune européenne"
présenté à la Délégation
de lAssemblée nationale pour lUnion
européenne
Le rapport
d'information sur la Charte de l'environnement et
le droit européen que j'ai présenté
devant la Délégation de l'Assemblée
nationale pour l'Union européenne a été
adopté le 21 janvier 2004. Ce rapport servira
de document de travail lors des débats parlementaires
sur le projet de loi constitutionnelle relatif à
la Charte. Il met en exergue le point de vue et les
analyses des principales parties intéressées
: juristes, associations environnementales, scientifiques,
entreprises et membres de la Commission Coppens.
Au cours des auditions que j'ai
réalisées, j'ai pu constater que deux
qualificatifs ont fréquemment été
employés : " original " et "
équilibré ". Originale, la Charte
l'est car en conférant au droit à l'environnement
une valeur constitutionnelle, elle porte la protection
de l'environnement au plus haut niveau de notre édifice
juridique. Son second trait saillant est son caractère
" équilibré ". Si elle a pour
ambition de donner à nos concitoyens le droit
de vivre dans un environnement protégé,
elle rappelle en contrepartie le devoir de chacun
de prendre part à la préservation de
l'environnement.
La France était l'un des
rares Etats de l'Union européenne à
ne pas mentionner la protection de l'environnement
dans sa Constitution. Sous l'impulsion du Président
de la République qui souhaite voir cette Charte
" adossée " à notre Constitution,
elle va aujourd'hui plus loin que ses partenaires
européens. Plus complet que les traités
communautaires et la Convention européenne
des droits de l'homme, ce texte fera de notre pays
un modèle sur le plan de la reconnaissance
juridique du droit à l'environnement.
Bernard
Deflesselles
Voir le
texte complet du rapport en copiant cette adresse
dans votre navigateur :
http//www.assemblee-nat.fr/12/europe/rap-info/i1372.asp
Ou sur
le site personnel de Bernard Deflesselles : http://www.bernarddeflesselles.com
Pourquoi
une charte de lenvironnement ? Une charte pour
quoi faire ?
La révolution tranquille de lécologie
Par Nathalie Kosciusko-Morizet
Les
grandes réformes exercent un pouvoir dattraction
particulier. Elles peuvent buter à de multiples
reprises contre des obstacles jugés infranchissables
et soudain apparaître au grand jour dans toute
leur évidence. La question écologique
a cette force-là. Elle a cheminé à
nos côtés, parfois effacée par
dautres priorités, parce que les esprits
étaient préoccupés par dautres
défis. Comme la dit Jacques Chirac à
Orléans, le 3 mai dernier, « la poursuite
de la reconstruction après la Seconde Guerre
mondiale, la mise en place de lEurope, la décolonisation,
langoisse de la guerre froide, linterminable
crise économique, la tragédie du chômage
toujours croissant : lécologie nétait
pas notre premier souci. »
On connaît
depuis fort longtemps cet affrontement de lhomme
et de la biosphère : Platon, dans le Critias,
pleure les temps reculés dune Grèce
couverte de forêts luxuriantes et cette Mésopotamie
à la fertilité légendaire, abandonnée
entre des mains qui la traitent avec dédain,
couvrant son sol dun sel meurtrier, et lîle
de Pâques, étouffée par le genre
humain, épuisée par un peuple trop nombreux.
Désormais,
nous ne pouvons appeler à notre rescousse lignorance
ni invoquer la prodigalité illimitée
de la nature car nous savons la fragilité de
notre univers et nous ne pouvons, comme lécrit
Dominique Bourg, « que nous en remettre à
nous-mêmes pour le choix des normes et des valeurs
que nous souhaitons donner à nos actions ».
Nous connaissons le risque, sa double dimension spatiale
et temporelle : lespace, son impact lhorizon
des conséquences de nos actes qui séloigne,
le climat chahuté, le régime des vents
détourné, la surprise des inondations
en France, en Pologne, en Sibérie ;
le temps, sa réalisation cette accélération
du constat de nos actes qui rend imminente la crise
écologique Three Mile Island, Tchernobyl,
le Torrey Canyon, lErika, la déchirure
de la couche dozone. Nous avons à nous
défendre souvent du meilleur de nous-mêmes,
de cet agir technologique dont parle Hans Jonas, du
fait que désormais « le premier pas révèle
notre liberté », mais que « nous
sommes esclaves du second et de tous ceux qui suivent
». Ainsi se bâtit ce grand chantier de
la responsabilité pour lequel il y a urgence,
et pour lequel notre devoir est de recouvrer linitiative,
de fixer un nouvel ordonnancement de nos actes.
Il ny
a pas darrière-pensée tactique.
Cest une nouvelle exigence, une autre méthode,
le choix dune écologie humaniste qui
se profilent. Ce nest pas une question fermée.
Lenvironnement a une vocation universaliste.
La déclaration de lUnesco à Yamoussoukro,
sur la paix dans lesprit des hommes, le 1er
juillet 1989, souligne quun environnement de
qualité est un élément essentiel
de la paix.
Cest dun
grand basculement politique quil sagit.
Tout ici se résout dans laction. Il ny
a pas de place, comme lécrivait Marc
Bloch, pour une « littérature du renoncement
qui, bien avant la guerre, dénonçait
les dangers de la machine et du progrès ».
Il sagit, comme le dit Jacques Chirac à
Orléans, « dinscrire une écologie
humaniste au cur de notre pacte républicain
». Il faut poser un texte, une charte. Par laffirmation
des principes, il faut bousculer de mauvaises habitudes,
la paresse de laction publique et inventer un
nouveau droit, de nouvelles murs, des politiques
entreprenantes. Cest ce point daboutissement
qui est tout sauf simple, sur lequel viennent se cogner
tant dhésitations conceptuelles, qui
fournit matière aux meilleurs esprits, de Luc
Ferry à Michel Serres, pour ferrailler, et
qui offre deux défis majeurs à notre
démocratie : maîtriser les effets corrosifs
de la technique et trop souvent du marché,
lorsquil est évalué tel quel,
et assurer les conditions de la justice et de nouvelles
formes de division sociale.
Depuis plus
de trente ans, lenvironnement est entre les
mains de spécialistes, parfois de technocrates
dun genre nouveau, dont le lexique se répète
et qui nous laissent incertains sur ce que nous devons
faire, et de juristes qui font par petites touches
avancer le droit là où la prise de conscience
collective fait des pas de géant.
Georges Pompidou,
le 28 février 1970, à Chicago, déclarait
: « Lemprise de lhomme sur la
nature est devenue telle quelle comporte un
risque de destruction de la nature elle-même.
Il est frappant de constater quau moment où
saccumulent et se diffusent de plus en plus
de biens dits de consommation, ce sont les biens élémentaires
les plus nécessaires à la vie, comme
lair et leau, qui commencent à
faire défaut. » La France, en avance,
dénonçait le risque systémique.
Deux perspectives
simposent : la finitude des ressources dont
on nimaginait pas la fragilité et une
pression démographique mondiale considérable.
Cest une donnée pour le XXIe siècle,
les éléments incontournables dune
gestion indispensable des catastrophes. Deux spectres
apparaissent : soit un « apartheid mondial »,
comme lécrit Pierre Calame, « qui
réserve aux populations riches des pays riches
[
] le droit de prélever sur le patrimoine
commun de lhumanité », et le danger
est ici politique ; soit lextension de notre
mode de développement à une population
de plus en plus nombreuse, et les déséquilibres
seront là écologiques.
Nous avons à
trouver, vite, les mots pour un nouveau contrat, les
actes qui formalisent la frontière du monde
dans lequel nous vivons et qui constituent un devoir
nouveau de vigilance écologique. Encore une
fois, il faut un texte, une charte qui affirme les
principes, qui conforte le droit à un environnement
protégé et préservé, à
partir de laquelle sorganise larchitecture
dune politique moderne, qui conjugue le développement
et le respect de lenvironnement, pour un vrai
progrès.
Pourquoi
une charte de lenvironnement ?
Lécologie
nest pas une découverte. Changer les
règles du jeu rencontre des réserves,
des hésitations, de vraies oppositions sourdes,
tues. Il y a les gesticulations, la prolifération
des déclarations de bonnes intentions et maintenant,
parce que tout cela est arrivé à maturation,
il y a à faire preuve de détermination.
Le sujet a déjà bénéficié
de petites actions, à limage de la TGAP,
tango du gouvernement. De petites actions trop souvent
détournées. Jamais il ny a de
plan densemble. Nest-il pas regrettable
que la nation de la Déclaration des droits
de lhomme et du citoyen nait pas su rédiger
un grand droit à lenvironnement sain
et équilibré pour chacun et ait masqué
ses efforts dans léclatement du droit
de lenvironnement ?
Le droit
à lenvironnement est affirmé partout
Des droits étrangers
mieux armés, des chartes constitutionnelles
qui inscrivent lenvironnement au titre dardente
obligation
la démarche nest pas
considérée comme accessoire hors de
France. Larticle 24 de la Constitution grecque
du 9 juin 1975, larticle 66 de la Constitution
portugaise du 2 avril 1976, larticle 225 de
la Constitution brésilienne du 5 octobre 1988
et, depuis, les révisions constitutionnelles
en Allemagne et en Belgique en 1994, en Finlande en
1995 : ce sont dix États de lUnion européenne
sur quinze qui donnent une valeur constitutionnelle
à lenvironnement.
La notion essaime
à létranger, mais en droit français,
le barrage est solide : la loi du 2 février
1995 recourt à des formulations internationales
tirées de la charte de la nature de 1982 et
de la déclaration de Rio de 1992, mais elles
nont pas deffet dans lordre juridique
interne. On ne parvient pas à atteindre la
valeur supralégislative pour quatre principes
(précaution, prévention, pollueur-payeur,
participation) qui doivent être organisés
par des règlements auxquels renvoie la loi.
La novation juridique, normative, se construit dans
le champ du droit international et du droit européen.
Désormais,
plus de trois cents traités multilatéraux
concernent lenvironnement, entièrement
ou partiellement. À cela, il faut ajouter neuf
cents traités bilatéraux. En deçà
des traités, se multiplient les recommandations
et directives (à lOCDE, à la Commission
économique des Nations unies pour lEurope,
au Conseil de lEurope), les déclarations
de principe (Stockholm en 1972, Rio en 1992
),
les programmes daction (cent neuf recommandations
à Stockholm, le programme Action 21 à
Rio) et la jurisprudence internationale. Ainsi la
Cour européenne des droits de lhomme
reconnaît-elle clairement, dans son arrêt
Lopez Ostra contre lEspagne, le 9 décembre
1994, le droit à un environnement sain et oblige
les États à prendre les mesures nécessaires
pour assurer concrètement et efficacement le
respect de ce droit. Ce contentieux est dautant
plus important quil reconnaît la qualité
de victime de violation de la convention même
à des victimes indirectes ou surtout potentielles.
Laffaire Guerra va confirmer, le 29 juin 1996,
le droit dagir de requérants qui risquaient
de subir un accident de pollution industrielle.
Lenvironnement
dissémine juridiquement dans les accords connexes
: laccord de Marrakech davril 1994 intègre
lenvironnement dans les règles du commerce
international, pour limiter le protectionnisme et
lécodumping, et crée un comité
permanent « Commerce et environnement »
; lAlena a été complété
en 1993 par un accord additionnel sur lenvironnement,
qui donne à ce droit une place inhabituelle
dans les traités internationaux. Ce maillage
juridique sest constitué en trente ans.
Dans lUnion
européenne, il y a aujourdhui plus de
deux cents directives ou règlements sur leau,
lair, le sol, le bruit, les déchets et
la nature. Mais il a fallu attendre lentrée
en vigueur, le 1er juillet 1987, de lActe unique
pour que lenvironnement soit expressément
visé. Des dispositions figurent dans ce texte,
dans le traité de Maastricht et le traité
dAmsterdam. Désormais, une politique
spécifique pour lenvironnement est instituée
par les articles 174 à 176, qui fixent objectifs
et actions à travers lénoncé
de trois principes : précaution et prévention
; pollueur-payeur ; correction à la source
des atteintes à lenvironnement. Les avancées
pour asseoir le droit à un environnement pour
chacun sont considérables. Le 18 décembre
2000, les États membres font paraître
une proclamation solennelle sous forme de charte des
droits fondamentaux de lUnion européenne,
dont larticle 37, relatif à la protection
de lenvironnement et lamélioration
de sa qualité, prévoit qu«
un niveau élevé de protection de lenvironnement
et lamélioration de sa qualité
doivent être intégrés dans les
politiques de lUnion et assurés conformément
au principe du développement durable ».
En dehors même
de ces reculs, les avancées concrètes
semblent particulièrement faibles pour un ministère
dont le titulaire se situe, par rapport à ses
prédécesseurs, dans un bien meilleur
rapport de forces, comme on la indiqué.
Les causes
de léchec
Comment expliquer
des résultats aussi modestes et aussi inattendus
?
Des explications
de deux types peuvent être avancées :
lune est dordre technique, lautre,
dordre politique.
Insuffisance
technique
Du point de
vue technique, le titulaire du poste, à partir
de juin 1997, et léquipe qui le suit
nont quune très faible expérience
administrative et du pouvoir dÉtat. Une
partie de cette équipe na aussi quune
faible connaissance des questions denvironnement,
au premier rang desquels le ministre lui-même,
qui le reconnaît sans ambages 5 et demande,
à plusieurs reprises, à changer de département
ministériel. Ces problèmes de «
casting » entraînent un très lent
démarrage de léquipe. La période
de lété 1997, qui correspond à
létat de grâce que connaît
presque tout nouveau pouvoir, ne semble pas utilisée
à bon escient. Beaucoup de dossiers prennent
un retard quil sera difficile de rattraper.
Ensuite, cette méconnaissance des dossiers
et du fonctionnement administratif conduira, face
à dautres équipes ministérielles
plus aguerries, à la perte de nombreux arbitrages
interministériels. La composition de léquipe,
au sein de laquelle le « turn-over » est
rapide, conduit aussi à une gestion beaucoup
plus politique que technique des dossiers.
La loi engage
un nouvel ordre juridique, sans toutefois prétendre
pour ces principes à une portée constitutionnelle.
Elle fonde une logique de responsabilité, mais
se limite à des principes dorientation.
1995 aura été une grande étape.
Aucun texte depuis cette date ne participe de cette
architecture indispensable des principes qui seuls
peuvent définitivement fonder un droit à
lenvironnement.
Pour une
charte
Jacques Chirac
demande, à Orléans, que le droit à
un environnement protégé et préservé
soit considéré à légal
des libertés publiques et que cet engagement
soit inscrit par le Parlement dans une charte adossée
à la Constitution. Il retient cinq principes
:
1/ le principe
de responsabilité, selon lequel la solidarité
exige lapplication de la règle pollueur-payeur,
sengageant dans une voie plus répressive
;
2/ le principe
de précaution, recherché de façon
plus systématique dans le fonctionnement des
autorités indépendantes et dans le dialogue
avec les pouvoirs publics et les organisations professionnelles
;
3/ le principe
dintégration, qui fait de lécologie
une dimension systématique pour chaque politique
publique ;
4/ le principe
de prévention, qui évite la réparation
de dommages ;
5/ le principe
de participation, qui, au-delà de la loi Barnier,
permet au citoyen par le débat public, lenquête
publique, dêtre associé aux décisions
dans la transparence.
On retrouve
dans ce texte fondateur lélan pour «
une morale de lenvironnement », cette
idée quil nous faut construire, instruire
un droit nouveau qui soit « une sauvegarde de
la maison des hommes ». Il renoue avec notre
tradition, notre volonté déquilibre
et de respect « dintérêts
qui nappartiennent à personne puisquils
sont ceux de la collectivité tout entière
», et il rouvre le chantier de la charte de
lenvironnement qui avait été esquissé
dans la loi du 10 juillet 1976.
La force de
cette proposition est de sinscrire dans le temps.
Nous nous battons depuis trente ans pour la reconnaissance
dun droit élevé en un principe
général du droit, qui ait valeur supralégislative,
qui soit au-delà des lois comme une grande
référence éthique, incontournable
et effective.
La force de
cette proposition est aussi de sinscrire comme
un impératif politique qui concerne «
la cité planétaire tout entière
», de poser la pierre qui manque dans lédifice
international et européen du droit à
lenvironnement.
Une charte
de lenvironnement, pour quoi faire ?
Jacques Chirac
nous indique la direction : il faut sengouffrer
dans un mouvement qui doit donner à lécologie
ses lettres de noblesse. En 1997, nous aurions pu
imaginer que tout allait être fait et quen
2002 nous aborderions la fabrication de notre projet
défait par le bilan de la gauche. Non que rien
nait été fait ce serait
mentir. Mais dire que tout a été réalisé,
ce serait tromper. Il nous reste un chantier considérable.
La charte est un point de départ, dancrage,
pour une nouvelle écologie.
Pour une
charte vivante
Chaque déclaration
est suivie, pesée, marquée au coin dun
constat souvent désabusé. Cest
pourquoi cette charte est tellement importante, pourquoi
elle appelle dautres textes constitutifs, pourquoi
elle sinscrit dans la mise en uvre dun
modèle de développement durable.
Bien sûr,
il faut éviter un texte sans contenu ou sans
portée. Sur les principes, aller au-delà
de la loi de 1995 et confirmer ce qui est édicté
par les négociations internationales est le
choix du bon sens. La notion de principe doit être
entendue de façon extensive. Le droit à
lenvironnement est un droit vivant, dont les
bases fondamentales doivent être flexibles,
adaptables, anticipatrices. Il ne sagit pas
seulement de donner des compléments au cadre
législatif existant, il faut aussi réinterpréter,
« réinventer le droit commun »,
comme le fait remarquer Mireille Delmas-Marty. Cest
pour cela que la liste des principes ne peut être
exhaustive. Aux cinq principes exposés peuvent
rapidement en être ajoutés deux nouveaux
:
Un principe
déquilibre, qui ne sapparente ni
au principe de précaution, ni au principe de
prévention. Il prévoit le respect des
grands équilibres biologiques ; il inscrit
notre patrimoine naturel dans le patrimoine commun
de lhumanité ; il marque linterdépendance
de toutes les formes de vie ; il limite lanthropocentrisme
au grand dessein dune vie commune à toutes
les espèces ; il fait mentir la célèbre
phrase de Lévi-Strauss : « Le monde a
commencé sans lhomme et il sachèvera
sans lui ».
Un principe
dinterpellation, qui permette daller bien
au-delà du seul accès aux informations
relatives à lenvironnement ou dune
participation aux enjeux débattus dans lespace
public, au seul motif dun lien écologique.
Il permet daller au-delà du principe
23 de la charte mondiale de la nature du 28 octobre
1982, pour aborder les conditions de saisine des contestations
qui naissent avec lobligation du respect dun
droit à lenvironnement. Ce dernier point
est essentiel, cest là que les principes
avancés seront effectifs dans le futur, cest
là que se situent les dispositions daccompagnement
de la charte.
Mais, avant
cela, la charte, dans son contenu, doit intégrer
deux dimensions : lidée dun contrat
naturel peut être explicitement évoquée,
pour confirmer lengagement de responsabilité
de tous les acteurs jusquà lÉtat
; la correction des erreurs ne peut être non
plus écartée, il ny a pas pour
lenvironnement dannée zéro
et la charte peut indiquer la nécessité
de bâtir un programme de restitutions environnementales
là où les déséquilibres
sont les plus préjudiciables, là où
les responsabilités sont suffisamment aisées
à dénoncer.
La portée
du texte nest pas une fausse question. Les principes
posés par la loi du 2 février 1995 ne
pouvaient en aucune manière prétendre
à une portée constitutionnelle (le Conseil
constitutionnel na jamais eu loccasion
de se prononcer sur des principes généraux
du droit sappliquant à une loi relative
à lenvironnement). Linscription
politique de ces principes devient alors essentielle,
indispensable. Cest là que la proposition
de Jacques Chirac dadosser cette charte à
la Constitution est proprement révolutionnaire.
Cest à une révolution fondamentale
quil nous invite, une de ces révolutions
tranquilles qui sont les seules acceptables dans le
monde contemporain. Nous sommes seuls à pouvoir
porter aujourdhui ces changements qui dépassent
les conformismes de gauche. Notre tradition et notre
inscription dans la modernité font de nous
les acteurs naturels du changement au début
du XXIe siècle. Il ne sagit pas dinscrire
le mot « environnement » dans le préambule
de la Constitution de 1946, ni de se livrer à
des formules interprétatives des textes existants.
Pourtant, cette
alternative est déjà assez riche : le
10e alinéa du préambule de 1946 proclame
que « la nation assure à lindividu
et à la famille les conditions nécessaires
à leur développement » (pour leur
développement, ne faut-il pas que léquilibre
biologique soit garanti à long terme ?) ; larticle
4 de la Déclaration des droits de lhomme
et du citoyen de 1789 instruit que « la liberté
consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit
pas à autrui » (la dégradation
de lenvironnement nest-elle pas nuisible
à autrui ?) ; le 11e alinéa du préambule
de 1946 prévoit que « la nation garantit
à tous (
) la protection de la santé,
la sécurité matérielle, le repos
et le loisir » (peut-on protéger la santé
sans un environnement sain ?). On pourrait ainsi apposer
sur chaque texte un « label environnemental
», mais cela laisserait libre cours à
linterprétation du juge.
Non, il faut
inscrire dans le droit positif de façon formelle,
dans une charte explicite, dans le respect des textes
qui fondent nos institutions, ce qui fait la vie aujourdhui.
Cette dimension nouvelle se conjugue avec toutes les
autres, tout en étant créatrice de droits,
de devoirs et dobligations propres.
Le recours au
référendum est indispensable. Il faudra
que ce soit un de nos premiers actes après
2002. Une alternative classique soffrira à
nous : la réunion du Congrès et lapplication
de larticle 89 de la Constitution ou le recours
à larticle 11 et laffirmation dun
choix politique accepté par le corps électoral.
Il est clair quil ne sagit pas là
dun réaménagement institutionnel,
mais de laffirmation volontaire dun droit
moderne et nouveau. Seul le référendum
ouvrira la voie à cette révolution tranquille.
Accompagner
la charte
Il est indispensable
de prévoir des instruments pour accompagner
la charte : compléter et préciser le
code de lenvironnement, en particulier sur les
questions de responsabilité ; créer
une haute instance, un haut comité, lieu de
confrontation des expertises et de conseils du gouvernement
; développer léducation à
lenvironnement dès lécole.
Nous avons à
constituer une politique publique. Il faudra faire
vite, afficher la charte et en décliner concrètement
les propositions. La première étape
est encore juridique. Très longtemps, labsence
de code de lenvironnement « a favorisé
le développement de ce droit sans principes
», comme le fait justement remarquer le professeur
Yves Jegouzo. Il faut donc fabriquer un code. Pourquoi
un tel projet, alors que daucuns considèrent
que « le droit de lenvironnement est en
passe de conquérir une meilleure visibilité,
depuis ladoption, le 21 septembre 2000, dun
code de lenvironnement (
), formidable
instrument de pouvoir pour le ministère (!)
et ses relais que constituent les associations environnementales
» ? Le code existe. Mais est-ce bien un code,
ou plutôt le code, quil était nécessaire
dorganiser, de bâtir, de réécrire
? « Il sagit malheureusement dune
codification à droit constant, qui nest
quune compilation, alors quil aurait fallu
oser une véritable codification législative
innovante, intégrant le droit international
et communautaire ». Propos dexpert puisquil
sagit de Michel Prieur.
Lordonnance
qui adopte le code compte neuf cent soixante-quinze
articles. Cela ajoute à la complexité,
sans quil y ait eu le moindre toilettage de
texte, sans quil ny soit apporté
les précisions techniques élémentaires
et nécessaires. Surtout, et cest là
que doit porter notre effort, il nest pas fait
le départ entre le champ de la responsabilité
civile et celui de la responsabilité pénale,
dont la réforme était un des axes évoqués
par Michel Barnier. De même, la confusion est
maintenue entre responsabilité pour faute et
responsabilité sans faute, ce qui a des conséquences
concrètes et financières. Le code doit
fixer lordonnancement des contraintes : réglementation,
incitation, fiscalité. Nous restons très
en retard dans la recherche de la responsabilité
du pollueur. La loi américaine autorise la
poursuite de toute société qui a un
lien avec un site contaminé. Elle loblige
à la remise en état, quelle soit
ou non à lorigine de la pollution. En
France, cela est largement à la charge de la
collectivité. Les enjeux sont conséquents,
puisquun rapport de lAcadémie des
sciences de mars 2000 estime à deux cent mille
le nombre des sites pollués aux hydrocarbures.
La dépollution des sols pourrait représenter
50 à 70 milliards de francs.
Nous ne connaissons
pas non plus de police de lenvironnement. Il
faut, là aussi, élaborer un droit et
se doter des moyens humains et administratifs. Lenvironnement
réclame un effort des acteurs économiques,
une démarche volontaire des entreprises. Les
pouvoirs publics doivent jouer de modules dincitation.
La certification environnementale est, dans cette
acception moderne dune politique de lÉtat,
un moyen original et efficace. Jacques Maire, ancien
directeur de cabinet de Dominique Voynet, fait remarquer
quen cette matière, comme « sur
la plupart des sujets, la France freine plus quelle
naccélère » : «
À la fin 1997, on comptait sept cent quarante-cinq
sites industriels éco-audités en Allemagne,
trente-neuf au Royaume-Uni, seize aux Pays-Bas et
onze en France ! De même, il y avait trois cent
vingt sites ISO quatorze mille en Allemagne, quatre
cent quarante au Royaume-Uni, deux cent trente aux
Pays-Bas et soixante en France . »
Tout cela réclame
clairement une politique environnementale plus incisive,
qui fixe des objectifs, évalue les besoins
et les moyens, mais qui, dans le même temps,
soit ouverte à toutes les influences, sinscrive
dans notre époque, ne soit pas lapanage
de quelques hauts fonctionnaires dont on connaît
le sens concret, ou de quelques hauts responsables
associatifs dont on ne peut méconnaître
les intérêts particuliers. Cest
pourquoi laccompagnement de la charte passe
par la constitution dune haute instance, attentive
aux évolutions du droit, à lécoute
des demandes multiples et parfois contradictoires
de nos concitoyens, qui ait une vocation multidisciplinaire
et internationale et soit rattachée directement
au Premier ministre. Ce serait un lieu de confrontation
où siègeraient des scientifiques de
renom, français, européens, internationaux
; des universitaires, tant il ne faut pas ignorer
lexplicitation philosophique, sociologique,
historique des phénomènes environnementaux
; des parlementaires la proposition socialiste
de 1993 de créer une délégation
parlementaire est par trop fermée, réductrice
; des représentants des ONG, des associations
représentatives, des syndicats
Il sagirait
dun haut conseil consultatif : les textes législatifs
et réglementaires ainsi que les circulaires
interprétatives et adaptatives lui sont soumis
; il dispose des moyens techniques dévaluation
des décisions engagées et doutils
dinformation et dinvestigation ; il commande
des études et des recherches et conseille le
gouvernement ; il est présidé par le
Premier ministre et sa vice-présidence est
confiée à une personnalité choisie
pour sa compétence, sa probité et son
indépendance.
Laccompagnement
de la charte passe par un effort tout particulier
dans le champ de léducation et de la
recherche. Lenvironnement est une pédagogie
du quotidien. Elle est une illustration permanente
de responsabilités partagées, un instrument
de civilité. Des conseils environnementaux
pourront être créés dans chaque
académie, pour le montage de projets qui associeront
enseignants et élèves et déclineront
dans chaque établissement des chartes bâties
avec les associations locales. La rédaction
des programmes nationaux des disciplines (physique,
histoire, philosophie, sciences de la vie et de la
Terre
) intégrera la dimension environnementale.
Le 5 juin, journée mondiale de lenvironnement,
sera dédié à ces questions dans
toutes les écoles. Il sera créé
une grande école de lenvironnement
comme on a institué les Ponts et Chaussées
ou lÉcole des mines quand cela était
un impératif, il faut doter de toutes les compétences
disciplinaires une formation de haut niveau. Dans
chaque organisme de recherche (CNRS, IRD, Inra
)
il y aura un département spécialisé
dans lenvironnement et entre eux sera configuré
un réseau des acteurs de cette recherche.
Faire respecter
les principes de la charte
Les principes
doivent être effectifs, les règles de
droit doivent être appliquées, les décisions
juridictionnelles doivent avoir autorité de
la chose jugée. À ce stade, les tribunaux
administratifs auxquels les recours aboutissent statuent
dans des délais trop longs et lévaluation
des préjudices des victimes est encore une
exception.
La déception
est telle que les Français se tournent de plus
en plus souvent vers les instances européennes.
On lit dans un rapport parlementaire sur les zonages
en matière daménagement du territoire
et denvironnement, qui paraît en 2001
: « Force est de constater que, faute de
jurisprudences probantes de la part des tribunaux,
le citoyen, les associations développent de
plus en plus systématiquement le réflexe
du recours à la CJCE. Il devient donc urgent
de faire en sorte que la justice française
ait une réelle capacité à entendre,
à comprendre, à juger en connaissance
de cause en matière denvironnement, comme
elle sait le faire dans le domaine économique,
par exemple. » Il y a donc là matière
à innover.
En même
temps, les disciplines doivent être acceptées
par les acteurs économiques, les sujets de
droit. Avant la contrainte, il y a la prise de conscience.
Or, les cadres de référence ont explosé
: chacun sait que les problèmes de lenvironnement
menacent les générations futures, que
les actes présents peuvent modifier les grands
équilibres qui favorisent la vie de demain,
que ces risques sont cosmopolitiques, humanitaires,
planétaires. Avec la contrainte, vient laménagement
du droit.
Bien sûr,
il faut effacer leffet de sous-législation,
de sous-judiciarisation. La question est avant tout
celle de la compatibilité de lécologie
et de la démocratie. Ce point trouve sa résolution
dans linsertion du principe de responsabilité
qui, comme la écrit Paul Ricur,
« demande seulement de préserver la condition
dexistence de lhumanité ou, mieux,
lexistence comme condition de possibilité
de lhumanité » ; et il ajoute :
« Cest lhomme en tant que vivant
qui est lobjet de sa sollicitude. » En
fait, Blandine Kriegel formule le creuset juridique
dans lequel doit se lover le droit à lenvironnement,
en soulignant que « toute politique de lenvironnement
est une politique de la finitude et de la responsabilité.
Elle ne peut se satisfaire dêtre seulement
une politique de lindividualité et de
la décision. »
Lécologie
fonde le partage des causes et des conséquences
de lacte incriminé et ne laisse à
la sanction quune part minimale. Pénaliser
outrageusement, cest indiquer lobstacle,
accepter que lon puisse le contourner. Lécologie
nest pas un jeu. Cest une nouvelle morale.
Lécologie ne laisse que peu de place
au temps et aux procédures. Cest un domaine
où lurgence est une exigence, comme le
dit Jacques Chirac. Le requérant ne peut aller
de-ci, de-là, se voir opposer des exceptions
préjudicielles, hésiter entre une responsabilité
civile dont on reconnaît la portée
dans la convention du 8 mars 1993 du Conseil de lEurope,
pour les dommages résultant dactivités
dangereuses pour lenvironnement et une
protection imposée par le droit pénal
posée par le Conseil de lEurope,
par sa convention du 4 novembre 1998. Le préjudice
et la cessation immédiate du dommage ne sont
pas concomitants. Il y a lieu de bâtir en cette
matière une formule qui accepte cette gestion
de lurgence que les tribunaux traitent difficilement
et qui permette aux parties de débattre et
daccepter une mutualisation des responsabilités.
De plus, on ne peut ouvrir largement le droit de saisine
juridictionnelle de tout requérant sans prendre
en compte les effets du référé
judiciaire.
Cest pourquoi
il est indispensable dinsérer dans larchitecture
judiciaire une instance davant dire droit, une
instance arbitrale. La charte dégage des principes,
des principes daction que nul nest censé
ignorer. On ne peut accepter des stratégies
dévitement. Le contrôle de leur
mise en uvre doit être quotidien. La création
dune Cour nationale darbitrage de lenvironnement
est, à ce stade, linstrument dune
mise en uvre réelle de ce droit :
y siègent
des représentants de lentreprise, de
ladministration de lÉtat et des
collectivités locales, des associations spécialisées,
des magistrats spécialisés qui,
de plus, instruisent les affaires dont ils sont saisis
, des universitaires experts ;
y sont intégrées
systématiquement les avancées jurisprudentielles
et normatives des juridictions et institutions de
lUnion européenne, sans quil soit
besoin que ce transfert soit normalisé, un
simple constat suffisant ;
en son sein,
chaque affaire fait lobjet de la réunion
dun panel, dont la composition varie selon les
parties en cause et le caractère du dommage
éventuel ;
les décisions
quelle rend sont soit définitives
dans le cas dun accord des parties, le marchandage
juridique évite la procédure judiciaire
, soit soumises aux tribunaux judiciaires ou
administratifs dans ce cas, laffaire
est jugée en appel, il est constitué
dans chaque cour dappel une chambre spécialisée
et les codes de procédure sont réformés
pour que les délais des instances soient les
plus brefs possibles ;
la liaison entre
la cour arbitrale, les instances européennes
et les systèmes de règlement de différends
internationaux (à lOMC puis à
lOrganisation mondiale de lenvironnement)
fait lobjet dune coopération et
dune assistance technique particulièrement
denses et permanentes.
Cest,
en vérité, un système global
de règlement des différends, aux trois
niveaux international, européen et national,
quil faut construire. Les questions environnementales
sont sans frontières. Les recours classiques
aux tribunaux nationaux donnent trop de poids et dincertitude
à des décisions dans des espèces
qui sont transfrontalières les pollutions
maritimes en sont le meilleur exemple. Ils seffectuent
selon des délais de procédure particulièrement
longs et coûteux pour les parties. La conjonction
dun réseau de panélistes dont
la vocation arbitrale est clairement définie
permettra, de plus, de composer un droit à
lenvironnement qui sera unifié.
Cest un
chantier complexe, qui suppose la création
dune Organisation mondiale de lenvironnement.
La mise en place du système de règlement
des différends à lOMC, en 1994,
démontre désormais que la construction
dun espace juridique mondial sauvegarde les
droits des particuliers et permet de donner corps
au droit dinterpellation des ONG. Lemboîtement
de trois niveaux de références arbitrales
est très opérationnel, comme en témoigne
la construction du droit de la concurrence.
Nathalie Kosciusko-Morizet
L'écologie
reconnue dans la Constitution, communiqué
de l'UMP
le 25 juin 2003
Le
projet de loi constitutionnelle relative à
la Charte de l'environnement a été approuvé
mercredi 25 juin en Conseil des ministres. Promesse
électorale de Jacques Chirac, la Charte a été
élaborée par la ministre de l'Ecologie
Roselyne Bachelot sur la base des travaux de la commission
présidée par le paléontologue
Yves Coppens. Le texte est composée de sept
" considérants " qui expriment sa
philosophie et ses perspectives ainsi que de dix articles.
L'UMP salue une avancée majeure vers la consécration
constitutionnelle de droit à l'environnement.
Site
dédié à la charte sur lenvironnement
La charte consacrera
une série de droits et de devoirs liés
à l'environnement, notamment le " droit
de vivre dans un environnement équilibré
et favorable à sa santé " et l'"
application du principe de précaution ".
Elle aura la même valeur constitutionnelle que
la déclaration des droits de l'Homme de 1789
et l'énoncé des droits économiques
et sociaux de 1946. Comme ces deux documents, elle
fera l'objet d'une mention dans le préambule
de la constitution et figurera en annexe de celle-ci.
Le Président a décidé que la
charte figurerait dans la constitution plutôt
que dans une loi organique, juridiquement plus faible.
Et il a opté pour une mention noir sur blanc
du " principe de précaution ".
La charte demande aux pouvoirs
publics et aux élus locaux d'adopter des mesures
de prévention " provisoires et proportionnées
" aux risques potentiels et de mettre en oeuvre
parallèlement des " procédures
d'évaluation " pour mieux cerner ces menaces.
Elle précise le droit européen et modifie
sensiblement le droit français existant.
Désormais, le Conseil
constitutionnel pourra censurer toute loi contrevenant
au principe de précaution alors que la loi
Barnier (1995) invitait seulement à le prendre
en compte dans les actes réglementaires.
La charte demande à
" toute personne ", publique ou privée,
de " prévenir ou à défaut
(de) limiter " ses éventuelles atteintes
à l'environnement. Elle déclare que
" toute personne doit contribuer à la
réparation des dommages qu'elle cause à
l'environnement ". Selon le gouvernement, cette
dernière formulation a le " mérite
de la clarté ", le principe pollueur-payeur,
" ambigu ", pouvant être interprété
comme un droit de polluer d'abord et de payer ensuite.
La charte consacre également en matière
d'environnement le rôle de l'information et
de la participation, de l'éducation, de la
formation, de la recherche et de l'innovation.
Jacques Chirac, qui a salué " le travail
remarquable " de la commission présidée
par Yves Coppens, a estimé qu'avec cette Charte
constitutionnelle, " la France, pays des droits
de l'homme, accomplit une avancée historique
". " Pionnière parmi les grands pays,
la France doit désormais se montrer exemplaire.
L'action publique que vous conduisez doit refléter
dans tous les domaines ce choix fondamental ",
a dit le chef de l'Etat aux membres du gouvernement.
Pour Jacques Chirac " la France se mettra ainsi
en mesure d'oeuvrer pour un véritable développement
durable et une meilleure qualité de vie. C'est
un moment important de l'évolution de notre
droit ", a-t-il conclu.
Le projet de loi devrait
être examiné par le Parlement après
l'été. Puis après adoption conforme
par l'Assemblée et le Sénat, il sera
soumis au Congrès (vote solennel des deux chambres
réunies à Versailles) ou à un
référendum.
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