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de dix ans après le sommet de la Terre à
Rio, qui consacrait la notion de développement
durable, le gouvernement a adopté mardi 3 juin,
lors dun comité interministériel,
une stratégie nationale destinée à
concilier croissance économique, respect de
l'environnement et progrès social. «
Notre maison brûle et nous regardons ailleurs
» avait déclaré le président
de la République Jacques Chirac au sommet de
Johannesburg lan dernier. Pour
La stratégie adoptée lors du comité
interministériel veut « sortir du catalogue
de bonnes intentions » selon la secrétaire
dEtat au développement durable Tokia
Saïfi. L'Etat entend donc donner l'exemple. Il
sengage à réduire de 20% des consommations
d'énergie et d'eau des administrations. LEtat
sengage aussi à réduire de 10%
les émissions polluantes de leurs transports
et à recycler 60% des papiers blancs. Afin
d'éviter que ces engagements restent lettre
morte, un bilan sera présenté chaque
année au Parlement.
Mais au-delà de l'Etat « exemplaire »,
c'est toute la politique française qui doit
être « durable »: transports, énergie,
agriculture, préservation des milieux. Le développement
durable devra figurer au programme des écoles.
Dès 2004, chaque classe dâge bénéficiera
de 30 heures déducation au développement
durable dans le primaire, 20 heures au collège
et 10 heures au lycée.
Pour changer les comportements,
le gouvernement mise sur l'incitation plutôt
que sur la contrainte: pas d'extension de la Taxe
générale sur les activités polluantes,
mais des engagements « volontaires » des
branches professionnelles pour réduire leurs
rejets, leurs déchets ou les risques industriels.
L'agriculture est incitée
elle aussi à utiliser « mieux et moins
» de pesticides. 30% des exploitations devraient
afficher la qualification « agriculture raisonnée
» d'ici 2008. Le gouvernement promet un plan
de relance de l'agriculture biologique.
Côté transports,
le gouvernement propose d' « amplifier »
les crédits d'impôts pour l'achat de
véhicules propres. Il évoque la piste
d'une réduction de l'écart de fiscalité
de 20 centimes entre le gazole et l'essence, mais
seulement pour les particuliers. Il évoque
enfin léventualité dune
taxation des poids lourds circulant sur les routes
françaises.
Lors de ce comité interministériel,
présidé par le Premier ministre Jean-Pierre
Raffarin, le ministre de l'Intérieur Nicolas
Sarkozy a annoncé la création d'un Office
central pour lutter contre les atteintes à
l'environnement et à la santé, sur le
modèle de l'Office central de répression
des fraudes.
La stratégie nationale
d'une centaine de pages, véritable «
feuille de route » pour les cinq ans à
venir, sera déposée à New York
au bureau de la Commission du développement
durable des Nations Unies.
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