publié le 21/05/2012 | Elections législatives
Jean-François Copé était l'invité de Bourdin 2012 sur BFM TVFédération des métiers de l'Enseignement et de la Recherche
Va-t-on un jour changer la manière de mener la bataille de l’intelligence ?
On doit pourtant pouvoir l’engager autrement que par de vaines rallonges budgétaires, qui donnent souvent l’impression d’augmenter le débit d’un tuyau percé de toutes parts. En cas de crise, on y gagne, certes, un répit… mais les problèmes de fond demeurent. Ceux-ci sont nombreux et connus.
Edito
Ils tiennent, pour commencer, aux structures de l’enseignement supérieur et de la recherche. Certains voudraient fixer l’élite dans les « grandes écoles », là où les universités confirmeraient leur vocation à gérer les parkings où s’entasse la jeunesse qui a cru à la démagogie du « tous Mozart », si l’on me permet cette formule excessive mais expressive. Cependant, le reste de la planète cultive l’élite, la recherche et l'innovation dans les universités. Sauf à demeurer illisible, notre pays ne pourra donc pas abandonner une ambition universitaire. A cet égard, la mise en place des Pôles de Recherche et d'Enseignement Supérieur (PRES) va dans le bon sens. Elle doit être l'occasion de réduire la dichotomie Université/Ecoles/Organismes.
Mais c’est aussi au cœur même du système universitaire que les réformes devront bien être envisagées. Les idées ne manquent pas. Parmi celles-ci, l’autonomie remporte généralement la palme. Peut-elle, pourtant, être autre chose que l’aboutissement d’un processus préalable de remise à flots ? Donner leur autonomie à des entités qui sombrent peut produire des résultats décevants. Parmi les préalables, une redéfinition desdites entités et de leurs missions particulières semble indispensable. Une des bizarreries françaises est de traiter au « lit de Procuste » toutes les branches de l’intelligence : le travail des sociologues et des juristes est ainsi régi comme celui des physiciens et des mathématiciens. Les problématiques, les besoins et les objectifs des sciences « dures » ont pourtant peu à voir avec ceux des sciences « humaines ». Leur gestion unifiée est donc source fréquente de discorde, d’incompréhensions et de gâchis, spécialement au sein d’universités où la pluridisciplinarité a parfois viré à l’auberge espagnole. L’autonomie est une chose nécessaire, mais sur des bases permettant la performance. Un regroupement des structures par grand champ disciplinaire (sciences dures / sciences humaines) serait un premier pas. Cela faciliterait aussi une rénovation de la gouvernance universitaire, question essentielle si l’on entend qu’une université puisse adopter une politique cohérente, tournée vers le long terme, bref, avoir une stratégie. La stratégie… cela peut être utile pour gagner une bataille… et peut-être davantage.
Axes de refléxion
Enseignement supérieur et recherche
Enseignement Primaire
Enseignement Secondaire
Evaluation et évolution du métier universitaire
Classes préparatoires aux Grandes Ecoles
Enseignement professionnel et technique
Evaluation

