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Pour une Europe accessible à tous

Interview de Patrick Devedjian
Secrétaire général de l'UMP
Site de l'UMP
Le 1er juillet 2008

 

Monsieur le secrétaire général, quel est le sens de cette page spéciale que l’UMP consacre à la Présidence française de l’Union européenne ?

On nous répète depuis des lustres que le désamour des citoyens à l’égard de l’Europe provient d’un manque de pédagogie : il était temps de passer du constat à l’action !
Le Président de la République a dit quelles seraient ses priorités à la tête de l’Union : l’énergie et le climat, la politique agricole, l’immigration, la politique de défense. A quoi s’ajoutent, bien sûr, l’Union pour la Méditerranée et les domaines d’intervention traditionnels d’une présidence.
Vous voyez que ce sont des questions essentielles, en prise directe avec les préoccupations majeures des peuples. Mais ces sujets sont aussi difficiles, « techniques », comme l’on dit parfois. Pour autant, il ne serait pas normal qu’ils restent l’apanage des spécialistes : il me semble que c’est notre rôle de parti politique pro-européen de les rendre accessibles à tous les Français. Pour cela, nous allons consacrer une rubrique spéciale à ces grands thèmes : on pourra trouver sur le site des interviews de membres du gouvernement, de parlementaires ou de personnalités reconnues, qui éclaireront pour nous tous ces enjeux.

Après le non irlandais au référendum sur le traité de Lisbonne, la France prend les rênes de l’Union dans un contexte difficile. Ne sommes-nous pas contraints de revoir nos ambitions à la baisse ?

Absolument pas ! Loin d’en rabattre sur nos ambitions, nous devons en avoir davantage – et tout d’abord celle de trouver une solution pour sauver, d’une façon ou d’une autre, le traité de Lisbonne et l’Europe politique.
Les arguties pour savoir si c’est une tragédie, une crise, un accident, un incident, etc. ne m’intéressent pas et ne servent à rien. En tant qu’hommes politiques, nous avons ce que j’appellerais « un devoir d’optimisme ». Et puis je suis de ceux qui croient, comme le Président de la République, qu’il n’y a pas de limite à ce que la volonté peut accomplir. Après le non français de 2005, on était déjà venu nous dire que la construction européenne était durablement enlisée ; mais nous avons vu que Nicolas Sarkozy, grâce à son idée de traité simplifié, est arrivé à la sortir de l’ornière. Ce que nous avons réussi une fois, nous pouvons le refaire.
Pour cela, il faut que nous ayons les citoyens avec nous. Nous sommes convaincus, à l’UMP, que la montée en puissance de l’Europe est une chance : prouvons-le aux peuples de l’Union !

L’Europe-puissance que vous évoquez, c’est une Europe capable de maîtriser la mondialisation…

Oui, seule l’Europe, par sa taille, peut nous le permettre. Mais il faut savoir ce que l’on entend par maîtriser. Je crois que cela signifie deux choses : protéger et innover.
Vous vous en doutez, je ne suis pas un tenant du protectionnisme. Mais, comme l’a dit plusieurs fois Nicolas Sarkozy, nous devons tirer les leçons du passé, et en particulier du non au référendum de 2005. Les effets néfastes de la mondialisation effraient nos concitoyens : et ils ont raison ! Nous devons leur prouver que nous pouvons – que l’Europe peut – réguler la mondialisation. Voilà ce que veut dire protéger : ce n’est pas se fermer, c’est réguler. C’est pouvoir agir sur les prix des produits agricoles, sur le prix de l’essence, sur les émissions de CO2 ; c’est garantir aux petits épargnants et à ceux qui investissent dans les entreprises que le capitalisme financier ne déréglera pas le système une nouvelle fois. Je pourrais ainsi multiplier les exemples. 
Mais protéger n’est pas suffisant. Dans un monde globalisé, par définition, tous les pays sont interdépendants : chacun doit s’adapter à ce que font les autres et même anticiper les mouvements. C’est pourquoi nous devons innover. Nous devons nous assurer que nous aurons toujours au moins une petite longueur d’avance.
Quand je regarde l’histoire du dernier demi-siècle, je vois que chaque génération d’Européens a eu à relever un grand défi : la réconciliation franco-allemande, le marché commun, la monnaie unique. Notre défi à nous, c’est de bâtir l’Europe politique, c’est de faire de l’Europe une grande puissance. Nous le désirons ardemment et nous allons tout faire pour convaincre les Français de nous accompagner.

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En savoir plus

La réaction de Patrick Devedjian à l'interview télévisée du Président de la République

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