
C’est devant plus de 2 000 conseillers nationaux réunis à la Maison de la Mutualité à Paris que Jean-Pierre Raffarin a lancé les travaux d'un Conseil national placé sous le signe de l'Europe, conseil auquel Hans-Gert PÖTTERING, président du Parlement européen, José Manuel BARROSO, président de la Commission européenne, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont participé.
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Pour une Europe unie et en mouvement
Le Conseil national s’est ouvert par un débat sur les orientations de la présidence française, réunissant quelques uns des principaux ministres concernés. Ainsi, Christine Lagarde a rappelé les enjeux de la présidence française de l’UE en matière économique, notamment en ce qui concerne le prix du pétrole et la baisse de la TVA sur la restauration.
Quant à Brice Hortefeux, il a présenté les principaux points du Pacte européen pour l’immigration, qui vise à donner à l’Europe une politique commune plus efficace pour assurer la protection de ses frontières, à favoriser l’intégration des travailleurs légaux et permettre ainsi une « immigration positive ».
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen et Wilfried Martens, président du PPE, qui avaient été invités à participer à ce Conseil national, ont ensuite pris la parole. Ils ont tous trois assuré Nicolas Sarkozy de leur soutien.
« Nous devons refaire de la politique en Europe »
Selon le président du parti populaire européen (PPE), les responsables politiques de l’UE ont passé trop de temps à s’occuper des problèmes institutionnels de l’Europe, et pas assez à s’occuper des problèmes concrets des européens : « quelles est l’identité de l’Union européenne ? Quels sont les projets et les résultats concrets ? Voilà autant de questions que nous ne posons plus, dont nous ne débattons pas assez ! », a déclaré Wilfried Martens. Ainsi, il propose de « refaire de la politique en Europe », c’est-à-dire de « mettre [la vie politique] au service des citoyens » européens.
Pour cela, le PPE a établi une « plateforme électorale commune » en vue des élections européennes de juin 2009, dont le programme sera recentré autour de priorités concrètes : le changement climatique, la défense et la sécurité, la maitrise de l’immigration, le défi démocratique de l’Europe, la protection face à la mondialisation et le rôle de l’Europe dans le monde. « Cette plateforme commune sera approuvée lors d’un grand congrès les 29 et 30 avril 2009 à Varsovie » a annoncé Wilfried Martens.
« Si vous voulez aller vite, partez seul, si vous voulez aller loin, partez ensemble »
José Manuel Barroso a insisté sur la nécessité d’une cohésion des 27 pays membres pour affronter les nouveaux défis qui attendent l’Europe, face au poids des Etats-Unis, à l’affirmation de la Russie, et à l’influence croissante de la Chine et de l’Inde. « C’est pourquoi nous avons besoin du traité de Lisbonne. C’est pour cela qu’il faut avoir le courage de dire que nous l’avons signé à 27 et qu’il faut donc finir le parcours à 27 » a-t-il précisé. Le président de la Commission européenne a ainsi a appelé les 27 pays membres de l’Union européenne à « faire un effort, collectivement, pour terminer le processus de ratification. […] Une fois terminé ce processus, nous pourrons discuter avec nos amis irlandais ».
Associant le "courage politique" à la "vérité", il a expliqué que "la concurrence sera de plus en plus forte, notamment avec les puissances asiatiques ». Il a également insisté sur la nécessité de « moderniser notre modèle social et notre économie ». « Le courage de la vérité, c'est de dire que l'Europe a besoin de plus de travail, pas de moins de travail », et que « le prix du pétrole très bas est révolu ». Il s’est également montré ferme face à l’immigration illégale.
Il s’est enfin dit « absolument confiant » quant à la réussite de la présidence française de l’Union européenne, certain qu’« à la fin de ces 6 mois, nous aurons une Europe plus forte et nous serons très fiers de ce que la France a fait pour l’Europe et de ce que l’Europe a fait pour la France ».
Pour une Europe unie
Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen, a lui aussi plaidé en faveur d’une « Europe unie », appelant tous les pays de l'Union européenne à ratifier le Traité de Lisbonne, qui « donne à l'Europe une plus grande capacité d'action pour la rendre plus démocratique et transparente ». Le Traité de Lisbonne doit en outre adapter les institutions de l’UE à un éventuel élargissement de ses frontières, ce que le traité de Nice actuellement en vigueur ne permet pas. « Aussi longtemps que le traité n'est pas entré en vigueur, il ne peut y avoir de nouvelles adhésions à l'UE », a-t-il souligné.
Il a également fait part des priorités du Parlement européen durant les mois à venir, telles que le paquet climat/énergie sur lequel Hans-Gert Pöttering espère « parvenir à un accord d’ici la fin de l’année », et les solutions à apporter à la hausse « préoccupante » du prix du pétrole. Le président du Parlement européen a par ailleurs salué l’initiative de Nicolas Sarkozy de créer une Union pour la Méditerranée, par laquelle « la France donnera une nouvelle dimension au partenariat de l’Union européenne avec ses voisins du pourtour méditerranéen ».
S'adressant au président Sarkozy, il a souhaité beaucoup de succès à la présidence française de l'Union européenne pour mettre en œuvre les mesures dont l'Europe a besoin.
Faire bouger l'Europe
Après avoir rappelé que l’Union européenne était « la plus belle idée du 20e siècle », le Président de la République et président du Conseil européen a détaillé les priorités de la présidence française de l'Union européenne : paquet énergie-climat, politique d'immigration, politique de défense, politique agricole pour assurer la sécurité alimentaire notamment.
En matière de commerce extérieur, le Président de la République a recommandé la plus grande « réciprocité ». Que ce soit dans le domaine de l’économie, de l’agriculture ou de l’écologie, il « n’est pas raisonnable et pas juste », selon lui, « de laisser entrer sur le marché européen des produits fabriqués dans des pays qui ne respectent aucune des règles que l’on impose par ailleurs à nos entreprises ». « La réciprocité doit être la politique européenne, point à la ligne » a-t-il affirmé.
Il a également critiqué la Banque centrale européenne, pour avoir augmenté ses taux d'intérêt, et sa politique de l’euro fort. Nicolas Sarkozy s'est ainsi demandé s'il était «raisonnable de porter les taux européens à 4,25% alors que les Américains ont des taux à 2%», estimant qu'il s'agissait d'«un dumping monétaire qui met à genoux les entreprises européennes qui veulent continuer à exporter». Il a souligné toutefois qu’il respectait l’indépendance de la BCE.
Sur le traité de Lisbonne, le Chef de l’Etat a appelé la Pologne à ratifier : "Le président Kaczynski […] a signé à Bruxelles, il doit ratifier à Varsovie, c'est une question de morale". Une responsabilité politique d’autant plus importante que sans l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, l’Europe ne pourra pas poursuivre son élargissement : « si nous n’avons pas Lisbonne, nous avons Nice et Nice c’est l’Europe à 27 seulement. Je dis donc à nos partenaires que s’ils veulent élargir l’Europe, alors il faut avoir le courage de la doter d’institutions pour le faire » a déclaré Nicolas Sarkozy.
Par ailleurs, il a annoncé que la France jouera un rôle accru durant les deux prochaines présidences de l’UE, pour «une présidence de 18 mois, à trois, qui me paraît beaucoup plus efficace qu’une de 6 mois ». « Je recevrai à Paris, le 12 juillet, les Premiers ministres suédois et tchèque pour que nous harmonisions nos positions. Les deux présidences montantes et la présidence française doivent être systématiquement d’accord parce que l’Europe ne peut pas se permettre la division » a indiqué le Président de la République.
Enfin, Nicolas Sarkozy s’est engagé pour un élargissement du G8 à la Chine, l’Inde et l’Afrique. Sans la présence des pays émergeants, il estime en effet que « ce n’est pas raisonnable de continuer a se réunir à huit pour régler les grandes questions du monde, en oubliant la Chine - un milliard 300 millions d’habitants - en n’invitant pas l’Inde - un milliard d’habitants - en ayant aucun pays arabe, en ayant aucun pays africain et en ayant aucun pays de l’Amérique latine ».
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La France change beaucoup plus vite et beaucoup plus profondément qu'on ne le croit
« Pourquoi fait-on de la politique? Pourquoi postule-t-on à des responsabilités premières dans un pays ou à la tête de l'Europe, si ce n'est pour résoudre les problèmes? Moi qui ai été élu pour agir, j'ai été élu pour conduire une politique sans précédent dans notre pays » a déclaré le Chef de l’Etat.
Il s’est félicité que « désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit », ajoutant que «on peut réformer profondément les 35 heures. Désormais on peut faire la politique pour laquelle on a été élu ! »
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La France en mouvement, l’UMP en mouvement
Après les discours du chef de l'Etat et des responsables de l'Union, ce sont les responsables de l’UMP qui se sont exprimés.
Les conseillers nationaux ont adopté à 95% des voix la motion "Rassemblement" présentée par les vice-présidents du Conseil national, Jean-Pierre Raffarin, Jean-Claude Gaudin et Pierre Méhaignerie :
« Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République et le renouvellement de la Majorité à l’Assemblée nationale, le Conseil national de l’UMP salue l’action de réformes conduite par le chef de l’État et le Gouvernement de François Fillon avec le soutien de la majorité parlementaire.
Conscient des vives attentes des Français accentuées par un nouveau contexte économique marqué par la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires, il considère qu’il convient de poursuivre l’action réformatrice engagée par la majorité présidentielle.
Dans cette perspective les grandes réformes de l’été 2008, notamment les trois modernisations, économique, sociale et institutionnelle, méritent le rassemblement de la majorité qui, après les avoir amendées, aura à les voter.
Cet ancrage du quinquennat dans une stratégie de modernisation de la France est aussi un message adressé à nos partenaires européens quant au cap suivi par notre Pays. Le rayonnement de la France, tout comme le niveau de vie des Français, sont directement fonction de notre énergie réformatrice. C’est pourquoi le Conseil national appelle ses parlementaires au rassemblement pour soutenir les réformes de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement. »
Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale a proposé que soit instauré un groupe de travail plus étroit entre les députés du parti et ses conseillers nationaux afin de « préparer l’avenir ».
Le Secrétaire Général de l'UMP a pour sa part présenté les trois pôles de travail qu’il souhaite voir mis en place au sein du parti :
- un pôle de soutien au Gouvernement, dont les porte-parole seront « les fers de lance » ; ils devront être relayés dans les fédérations.
- un pôle de débat permanent, via internet, afin de rendre le Mouvement « plus communautaire et plus participatif ».
- un pôle « producteur d’idées », avec des « ateliers du changement » disponibles sur l’ensemble du territoire pour tous les adhérents.
"C'est à l'UMP et l'UMP seule qu'a lieu le débat politique, la créativité, le mouvement des idées", a déclaré Patrick Devedjian. "Pendant longtemps, la gauche avait le monopole du débat politique. Désormais, c'est l'inverse. Le PS est le cimetière des idées mortes". « Nous sommes entrain de reconquérir l'espace culturel face à une gauche stérile » a-t-il ajouté.
Les autres responsables UMP n’ont pas été en reste, stigmatisant les "critiques ringardes" du PS, devenu un « parti d'éléphants se livrant à un combat sanguinaire » pour Nathalie Kosciusko-Morizet. En référence à la polémique suscitée par la prise de position de Ségolène Royal sur la libération d'Ingrid Betancourt, Xavier Bertrand a accusé Ségolène Royal de ne pas avoir "le sens des responsabilités" et Christian Estrosi l’a affublé de « l'humanité d'un bigorneau ».
Le Premier ministre François Fillon a conclu le Conseil national de l’UMP, en qualifiant les critiques de l'opposition notamment sur l'immigration de "malvenues et ringardes", et parlant d'un Congrès (du PS) qui se préparait "dans la plus grande confusion idéologique". "La seule chose qui les rassemble, ce sont les attaques contre le président de la République", a ajouté François Fillon.
Il s’est également félicité de la « métamorphose » de la société française, opérée en une année de réformes : « l’opposition a beau dire non à tout ce que nous disons, à tout ce que nous faisons, vous le voyez bien, cela ne prend pas. Parce que la France change, elle a déjà changé ».
Il a enfin rappelé les trois objectifs du Gouvernement pour la fin du mandat de Nicolas Sarkozy : le plein emploi, la hausse de la croissance et la maitrise des dépenses publiques. Pour les réaliser, le Premier ministre compte sur le soutien de tous les adhérents de l’UMP.
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EN SAVOIR PLUS :
Les discours :
Discours de Nicolas Sarkozy, Président de la République
Discours de François Fillon, Premier ministre
Discours de Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen
Discours de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne
Discours de Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP
Discours de Wilfried Martens, président du Parti Populaire Européen
Les vidéos



