La réforme de modernisation des institutions de la Vème République a été présentée le 23 avril par François Fillon en Conseil des Ministres, après validation par le Conseil d’Etat. Elle propose de renforcer le rôle du Parlement, de rénover l’exercice du pouvoir exécutif, et d’accorder de nouveaux droits aux citoyens.
En une année, Nicolas Sarkozy aura mis en œuvre l’un de ses engagements de campagne majeur : moderniser les institutions de la France et les adapter aux réalités de la vie politique et civile actuelles, cinquante ans après leur fondement.
En effet, le 18 Juillet 2007, le Président de la République et le Premier Ministre avaient créé le « Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème République », présidé par Edouard Balladur. Après que le comité lui ait remis son rapport, à la fin du mois d’octobre 2007, le Chef du Gouvernement, à la demande du Chef de l’Etat, engagea une large consultation des différents responsables politiques, ceci afin d’apporter une contribution la plus démocratique possible à l’élaboration du projet de loi.
Présentée le 23 Avril en Conseil des Ministres, la réforme devrait être soumise au vote le 7 juillet prochain du Parlement réuni en Congrès. Le texte reprend les trois grands axes établis par le Comité Balladur.
Quels changements dans la manière de légiférer ? Quelle implication pour les élus dans l'élaboration de la loi ? Vers plus de stabilité pour les institutions |
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Renforcer le rôle du Parlement
Depuis l’élaboration de la Constitution en 1958, la société civile a changé, la vie politique également. Il était donc temps d’ajuster les institutions de la Vème République à ces mutations. Des mutations qui rendaient nécessaire un rééquilibrage des pouvoirs exécutifs et législatifs. C’est pourquoi Nicolas Sarkozy et François Fillon ont tenu à revaloriser et renouveler les prérogatives de l’Assemblée Nationale et du Sénat.
Il s’agira enfin pour le Parlement de légiférer non pas plus, mais mieux, et ce dans un souci de transparence et de lisibilité pour tous les citoyens. Car si aujourd’hui « Nul n’est censé ignorer la loi », il est parfois difficile, même pour des experts en matière de législation, d’avoir une connaissance exhaustive des milliers de lois votées depuis cinquante ans.
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Rénover l’exercice du pouvoir exécutif
Assurer l’avènement d’une démocratie équilibrée, c’est renforcer les pouvoirs du Parlement, mais également prévoir la garantie d’un plus grand contrôle du pouvoir exécutif, c’est-à-dire du Président de la République et du Gouvernement. Pour cela, plusieurs mesures sont proposées par le projet de loi :
L’objectif de la réforme des institutions étant d’opérer une modernisation profonde de la Vème République, le projet de loi prévoit en outre la possibilité pour le Président de la République de s’exprimer devant le Parlement, notamment en cas de crise pour faire le bilan de son action.
En effet, le Chef de l’Etat n’avait jusqu’à présent que le droit d’adresser des messages lus par le Président de l’Assemblée Nationale et le Président du Sénat, devant des parlementaires debout, et à l’issue desquels aucun commentaire n’était permis. Ce qui donnait lieu à la situation absurde d’un Président capable de parler devant tous les Parlement du monde sauf le sien. Le texte entend donc rénover le système lui permettant de s’exprimer directement devant les députés et les sénateurs et d’accompagner chacune de ses allocutions d’un débat avec tous les groupes politiques.
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Accorder de nouveaux droits aux citoyens
Le fondement même d’une démocratie est de confier la gouvernance d’une nation au peuple, par l’intermédiaire de représentants élus. Partant de ce principe, Nicolas Sarkozy a tenu à ce que soient rendus aux citoyens davantage de droits, puisque c’est d’eux qu’émanent le pouvoir politique, et que c’est pour protéger leurs intérêts qu’a été fondée la Vème République.
Plusieurs propositions sont formulées dans ce sens :
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La réforme des institutions a donc pour objectif d’assouplir des institutions restées rigides depuis 1958, et de les adapter aux besoins politiques, démocratiques et sociaux de notre époque.
Le projet de loi doit être examiné par les députés à partir du 20 mai prochain, puis par les sénateurs, en Juin. La réunion du Parlement en Congrès à Versailles pour entériner la réforme devrait se tenir le 7 juillet 2008.