Tribune de Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP
La paix n’est plus ce qu’elle était – ou plutôt : elle n’est plus seulement ce qu’elle était. C’est ce que viennent de nous faire comprendre les membres du Comité Nobel en récompensant l’action d’Al Gore et du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Aussi l’UMP tient-elle à exprimer non seulement ses encouragements et son admiration pour les lauréats, mais encore à saluer l’audace et vision du Comité Nobel. Bien des gens se demanderont ce que les changements climatiques ont à voir avec la paix dans le monde : attribuer ce prix à des personnes engagées dans la défense de la planète était « notre façon d’indiquer qu’un nouveau critère avait été introduit, a déclaré Ole Danbolt Mjos, le président du Comité. Il s’agit maintenant de notre manière de vive ensemble, de partager nos ressources tout en préservant la Terre ».
A cette occasion, nous constatons avec satisfaction que la France n’était pas en reste face à cette nouveauté et que la voix de notre pays est au diapason de celle des membres du Comité Nobel. A quelques jours de l’ouverture du « Grenelle de l’environnement ». La nouveauté de ce prix Nobel est en effet une incitation à revenir sur la politique écologique de la France et à relire le discours que prononça Nicolas Sarkozy lors de la conférence des Nations unies sur le changement climatique.
C’était le 24 septembre 2007, la veille de son grand discours devant l’Assemblée générale. De cette intervention, la presse n’avait, à l’époque, retenu et commenté qu’une seule phrase : celle où Nicolas Sarkozy, dans une volonté de faire avancer le dialogue avec l’Iran, déclarait que la France était « disposée à aider » tout pays qui souhaiterait se doter du nucléaire civil. La phrase était et reste importante ; mais n’était-ce pas céder à a tentation du brûlant et du sensationnel, sauf à manquer la véritable ambition de ce texte ?
Nous y voyons, pour notre part, bien davantage : une véritable doctrine française en matière d’écologie et de développement durable. Une doctrine qui fixe des objectifs, indique des solutions pour les atteindre, propose des modes de financement pour ces solutions. C’est pourquoi, nous aurions, de préférence, retenu trois autres phrases figurant dans ce même discours du 24 septembre :
1.« Ce défi climatique sera une priorité absolue de l’action de la France ». Comment ne pas voir qu’il s’agit de la même urgence que celle que vient de signifier le Comité Nobel ?
2.« La réponse au défi climatique sera universelle ou elle ne sera pas ». Cette « globalisation » du problème écologique et des réponses à y apporter renvoie, là encore, aux préoccupations du Comité Nobel.
3.« Nous n’avons pas à choisir entre une dépense et l’absence de dépense. Nous avons à choisir entre une dépense qui évitera la catastrophe, et une dépense dix fois supérieure, qui n’évitera aucune catastrophe ». Il s’agit là, une fois de plus, de ce même élan que viennent de réclamer le GIEC et Al Gore – et, à travers eux, le Comité Nobel.
Malraux se trompait peut-être : le XXIe siècle sera écologique – ou les suivants ne seront pas.