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Croissance et emploi : les priorités de Christine Lagarde
Lundi 30 juin, Christine Lagarde était l’invitée de Réforme Hebdo, émission présentée par Jérôme Chartier. La ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi est revenue sur l’ensemble des réformes qu’elle a engagé en faveur de la croissance et du travail depuis un an. Regarder l'émission. 

Lundi 30 juin, Christine Lagarde était l’invitée de Réforme Hebdo, émission présentée par Jérôme Chartier. La ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi est revenue sur l’ensemble des réformes qu’elle a engagé en faveur de la croissance et du travail depuis un an.


Les chiffres de la semaine

  • 2% : c’est l’augmentation de la consommation des ménages français au mois de mai dernier.
  • 0,9% : c’est l’augmentation du SMIC au 1er juillet 2008. Une revalorisation destinée à prendre en compte les effets de l’inflation.
  • 5, 95 milliards d’euros : c’est le montant du déficit tendanciel de l’assurance maladie prévu pour mai 2009 selon l’Unicam (Union nationale des caisses d’assurance maladie).
  • 74 % : c’est le pourcentage de bénéficiaires du bouclier fiscal dont le patrimoine est inférieur à 750 000 euros.
  • 84% : c’est le pourcentage de bénéficiaires du bouclier fiscal dont le patrimoine est inférieur à 42 000 euros. Ces deux chiffres montrent bien que le bouclier fiscal n’est pas destiné aux contribuables assujettis à lSF.
  • 1 euros : c’est le montant du capital nécessaire pour créer une société travaillant à l’international. Une mesure proposée par la Commission européenne en faveur des PME.
  • 100 millions d’euros : c’est la dotation de Capital Export, le premier organisme privé indépendant destiné à aider les PME et les PMI exportatrices, en leur apportant des fonds propres. Capital Export a été officiellement lancé le 24 juin dernier en présence d’Anne-Marie Idrac, secrétaire d'État en charge du Commerce extérieur auprès de Christine Lagarde.

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Parlons Réformes


Etre à la tête d’un ministère aux compétences larges

Economie, industrie, emploi, le ministère de Christine Lagarde réunit un champ de compétences très vaste, et sur lequel le Gouvernement entend particulièrement agir pour relancer le dynamisme du pays.
Comment mène-t-elle de front toutes ces responsabilités ? La ministre a tout d’abord évoqué la grande cohérence de l’ensemble des réformes menées depuis un an, reliées entre elles par un objectif clair, celui de la hausse de la croissance et de la progression du taux de l’emploi.

En effet, dans un contexte international difficile, les questions de l’économie et de l’emploi sont d’autant plus liées, tout comme les questions fiscales et financières. « Il y a une liaison très forte entre ce que l’on appelle en anglais le "triple F" : nous sommes en présence d’une véritable crise internationale dans le domaine des finances, dans le domaine du fuel et dans le domaine du "food", c’est-à-dire de l’agro-alimentaire.  Ces trois domaines nécessitent une action collective concertée » a expliqué Christine Lagarde.

C’est donc dans ce sens que le Chef de l’Etat et le Premier Ministre ont rassemblé les portefeuilles de l’économie, de l’emploi et de l’industrie, pour une vision transversale des problèmes que rencontrent les Français, et les solutions à leur apporter.


Un an de réformes : un premier bilan très encourageant

Christine Lagarde a souligné que son action se concentre principalement autour de trois priorités : faire progresser la croissance de la France, faire baisser le chômage et améliorer dans le même temps la création d’emplois. Trois objectifs en passe d’être réalisés, puisque le taux de chômage est aujourd’hui à son plus bas niveau depuis 25 ans, et que les réformes déjà engagées ont permis la création de plus de 70 000 nouveaux emplois dans les secteur marchand et non marchand au premier trimestre 2008.

Pour autant, de nombreux chantiers restent à mener à des niveaux bien spécifiques comme l’emploi des jeunes. En effet, les formations et autres stages à répétition diminuent la valeur travail aux yeux des jeunes, et Christine Lagarde a annoncé que des mesures seront engagées dans les mois à venir pour valoriser le travail auprès de cette population fragile.

Christine Lagarde s’est réjouit du « train des réformes » mené depuis un an, à tous les niveaux de l’économie. Heures supplémentaires (dont bénéficient aujourd’hui quelques six millions de salariés), fusion de l’ANPE et des Assedic (pour une plateforme unique et simplifiée en direction des demandeurs d’emploi), offre raisonnable d’emploi (déterminée en fonction du profil de chacun), autant de mesures qui proposent un service « sur-mesure » en matière d’emploi. 


Mener une politique ambitieuse tout en limitant les dépenses publiques

Comme l’a évoqué Christine Lagarde, les réformes entreprises par son ministère sont particulièrement ambitieuses puisqu’elles touchent directement à l’essor économique de la France. Pourtant, l’objectif de désendettement du pays est tout aussi capital. Il faut donc établir des priorités, et ces priorités visent les citoyens les plus exposés. « Ce qui me parait important, c’est d’arriver à se concentrer sur les populations les plus fragiles et les plus défavorisées, en mettant en place des régimes spécifiques », a indiqué la ministre de l’Economie. Ainsi, elle s’est félicitée de l’initiative du groupe Total, qui prendra en charge l’intégralité de la prime à la cuve pour ceux qui en ont le plus besoin, dès l’année prochaine. La prime à la cuve représentait 150 euros par foyer en 2007, elle sera de 200 euros pour l’hiver 2008.


Loi de modernisation de l’économie : une avancée au niveau économique et au niveau du dialogue social.

Christine Lagarde a souhaité rendre hommage à l’ensemble de l’équipe ministérielle et parlementaire qui l’a accompagné tout au long du processus d’élaboration de la loi de modernisation de l’économie (LME). En effet, la LME a été le fruit d’une véritable « co-production » en amont, et sera le résultat d’un second travail de « post-production » en aval.

« Co-production », car de nombreuses discussions ont été menées avec des consommateurs, des petits et des grands commerçants, avec les partenaires sociaux et le groupe parlementaire pour établir un texte pertinent et équilibré qui réponde aux attentes du plus grand nombre.

« Post-production », car la ministre de l’Economie souhaite que les parlementaires soient fortement impliqués dans le suivi de la loi. « Je m’engage à ce que les décrets d’application [de la LME] soient tous sortis avant la fin de l’année 2008, et à ce que dans des comités, les parlementaires soient fortement représentés pour suivre les effets de la loi, pour s’assurer que ce que nous avons travaillé ensemble en co-production marche bien sur le terrain et produise les effets escomptés » a déclaré Christine Lagarde.

La ministre de l’Economie a par ailleurs rappelé l’objectif de la LME, qui est de 0,3% de croissance supplémentaire par an. Un objectif très encourageant qui devrait même être dépassé dans les faits, par la mesure qui créé le statut de l’auto-entrepreneur, en laquelle Christine Lagarde voit « un gisement de croissance peu quantifié et encore inexploré ».


Eviter l’ « inflation de second tour »

Christine Lagarde s’est exprimée au sujet de l’inflation qui touche actuellement le pays. Il s’agit selon la ministre d’une inflation « importée », c’est-à-dire issue de facteurs externes. En effet, elle provient de la hausse du prix du pétrole et du prix des matières premières agricoles importées, et non de l’augmentation des produits français. Selon Christine Lagarde, ces facteurs externes ne seront pas récurrents, et ne toucheront pas profondément l’économie du pays. Cependant, il faut bien veiller à ce qu’il n’y ait pas d’« inflation de second tour », c’est-à-dire que l’inflation actuelle des prix n’ait pas de conséquences néfastes sur les salaires.

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Questions des internautes

« Réforme hebdo » est une émission interactive qui donne la parole aux internautes. Ceux-ci ont pu poser leurs questions à Christine Lagarde sur le blog de l’UMP.


Patrick : « du fait de la pyramide des âges, le chômage va baisser fortement dans les prochaines années. N'est-il pas temps de revoir les aides à l'emploi versées aux entreprises, sous forme de primes ou d'allègements de charges ? Avec ces dizaines de milliards nous pourrions rembourser la dette, diminuer nos déficits publics… »

La pyramide des âges est en effet à la base de l’économie, et le vieillissement de la population aura une influence significative sur le marché de l’emploi. Toutefois, l’aspect démographique n’est pas le seul à entrer en jeu, puisque pour intégrer le marché de l’emploi, il faut de nos jours un certain niveau de formation et de qualification. En France, 50 milliards d’euros sont consacrés par l’Etat aux différentes politiques de l’emploi. Le Gouvernement doit donc pousser les entreprises à jouer le jeu, en renégociant notamment  les bas salaires chaque année.


Gilles C : « bonjour, je suis élu dans une petite ville de province, et j'aimerais savoir quel contrôle je pourrai garder sur l'implantation des supermarchés dans ma commune, quand la LME sera passée? »

Tout d’abord, les élus locaux bénéficient d’un droit de préemption, qui permet au conseil municipal de délimiter un périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat de proximité.
Ensuite, pour les communes de moins de 15 000 habitants, les élus locaux pourront soumettre tout projet commercial à la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC), qui vérifie que le projet est conforme aux impératifs de développement du département.
Enfin, les élus pourront saisir le Conseil de la concurrence s’ils estiment qu’un projet commercial est de nature à causer un trouble aux droits de la concurrence. Si le conseil leur donne raison, ils disposeront d’un recours pour céder le projet à une autre enseigne.


Camille : « pensez-vous réellement que l'augmentation de la concurrence fera baisser les prix de manière sensible? »

La réalité des faits le montre : la concurrence fait baisser les prix. En Allemagne, un pays qui dispose de plus de « hard discounters » et de plus de petites et moyennes surfaces, le prix moyen d’une pâte à tartiner au chocolat pour la même marque est de 1,11 euros, tandis qu’il est de 2,22 en France. De même au niveau régional, entre Lyon et Nantes par exemple, les prix sont nettement plus bas dans la région à forte concurrence. 


Un militant : « pourquoi ne pas supprimer l'ISF? »

Le bouclier fiscal a réussi à convaincre beaucoup de gros patrimoines de rester en France. Or, l’économie nationale a besoin de ces gros patrimoines. Il faut donc considérer les effets de la politique gouvernementale avant de vouloir supprimer un impôt, qui est par ailleurs porteur d’une symbolique forte.


Bruno C : « quelles mesures envisagez-vous pour que la France développe rapidement, efficacement et de manière raisonnée le télétravail ? »

Le télétravail est désormais possible grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, et est souvent bénéfique aux femmes, comme l’a rappelé Christine Lagarde. Celles-ci doivent faire face à des impératifs qui les contraints plus souvent que les hommes à rester chez elles, notamment au moment d’une grossesse. Il est donc indispensable pour l’économie française de promouvoir cette nouvelle manière de travailler. Pour cela, la LME prévoit de généraliser le très haut débit, qui permet la circulation rapide et en gros volume de l’information. Les constructions nouvelles en seront équipées dès l’entrée en vigueur de la loi.


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