
Le 11 avril, Jean Chrétien, ancien Premier Ministre du Canada était l’invité de « Réforme Hebdo », votre rendez vous hebdomadaire consacré à la réforme animé par Jérôme Chartier.
Jean Chrétien, qui a dirigé le Parti Libéral Canadien pendant 13 ans, a débuté sa carrière politique en 1963 en étant élu député. Ministre des Finances entre 1977 et 1979, Ministre de la Justice entre 1980 et 1982, Jean Chrétien devient Premier Ministre du Canada en 1993 et le restera jusqu’en 2003.
Expert en économie, Jean Chrétien a endigué le déficit public du Canada qui s’élevait à 42 milliards de dollars.
Les chiffres de la semaine
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Parlons réformes
Une période difficile à court terme pour de grands bénéfices à long terme
Lorsque Jean Chrétien est devenu Premier Ministre du Canada, le pays souffrait d’un déficit public de 42 milliards de dollars et représentait 16,2% du PIB.
L’objectif du Gouvernement de Jean Chrétien était de réduire ce déficit à hauteur de 3% et de réformer l’Etat à long terme.
Pour tenir ses engagements, Jean Chrétien a misé sur un programme réaliste et réalisable. Le budget de l’Etat de 121 milliards de dollars est passé à 101 milliards de dollars et des coupes budgétaires ont donc été opérées. Tous les ministères ont été touchés.
L’augmentation du nombre de percepteurs d’impôts a permis de remplir les caisses de l’Etat. De plus, des primes de départ en retraite ont été proposées aux travailleurs les plus âgés.
Lorsqu’avec l’aide de la croissance économique, l’Etat canadien est arrivé à produire un excédent budgétaire, la redistribution de ce surplus s’est organisée en trois mouvements. 50% de ce surplus a permis d’investir dans les programmes sociaux, les universités et la recherche. 25% ont permis la réduction d’impôts et les 25% restants étaient dédiés au remboursement de la dette.
Les réformes entreprises par Jean Chrétien ont été bien accueillies par ses concitoyens ayant compris assez facilement qu’il s’agissait « d’une période difficile à court terme pour obtenir de grands bénéfices à long terme ».
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La parole aux internautes
Après la présentation de son action au gouvernement Canadien, Jean Chrétien a répondu à des questions posées à la fois par les internautes et relayées par Thierry Solère, président de la fédération numérique de l’UMP, et par quelques adhérents invités à assister à l’enregistrement de l’émission :
Question des internautes
Jean Chrétien, a donné sa vision des choses, pour lui, les déficits ne doivent pas être davantage creusés. Il convient même de diminuer certaines dépenses pour garder un niveau de déficit qui puisse être résorbé.
Le système politique Canadien prévoit beaucoup de rencontres et réunions entre le gouvernement et ses parlementaires. Ainsi, l’exercice d’expression du Premier Ministre devant la chambre des communes était une performance habituelle et fréquente qui permettait d’entretenir le lien nécessaire au bon exercice du pouvoir.
Questions des adhérents
Le Canada a beaucoup investi dans les universités et a ainsi crée 2000 chairs d’excellence permettant de passer « de la perte des cerveaux au gain des cerveaux ». pour Jean Chrétien, « la compétition de demain est dans les cerveaux » et dans la capacité à les créer et à leur donner des outils capables de développer de la compétitivité. Le fondateur du groupe « Blackberry » est par exemple canadien et a effectué son cursus dans une université canadienne.
Il est vrai qu’il y a davantage de syndicalisation au Canada qu’en France. La France a aussi de particulier que la majorité des décisions sont prises à Paris alors qu’au Canada, il existe des gouvernements territoriaux.
Il s’agit d’un domaine ou l’équilibre budgétaire est forcément très fragile du fait du vieillissement de la population. Le système de santé canadien est public et est entièrement financé par les taxes. Le système français est bon mais devra être réformé pour résorber son déficit.
Le Canada a refusé de s’engager aux côtés des Etats-Unis et de la Grande Bretagne en Irak. C’était la première fois dans l’histoire que le Canada ne s’engageait pas avec les Etats-Unis. En revanche, le Canada est très engagé dans la lutte contre les Talibans en Afghanistan et a envoyé un contingent de quelques 2500 hommes sur ce territoire sous l’égide des Nations Unies.



