
Premier à avoir fixé des objectifs concrets en matière de réduction de la pauvreté, Nicolas Sarkozy a confié à Martin Hirsch le soin de réduire cette dernière d’un tiers en cinq ans. Le haut commissaire est revenu sur les moyens mis en œuvre par le Gouvernement et sur la méthode employée.
En préambule, Jérôme Chartier a présenté les chiffres clé de la semaine :- 1,9%, c’est le chiffre de la croissance française
- 10 000, c’est le nombre de personnes qui seront concernées en 2008 par la création du dispositif destiné aux jeunes demandeurs d’emploi des quartiers difficiles dans le cadre du « Plan banlieues »
- 39,2 milliards, c’est le déficit extérieur de la France en 2007, contre près de 200 milliards en Allemagne
- 10 milliards d’euros, c’est le montant de la participation qui devrait être débloqué en application du dispositif de la loi TEPA
- 40%, c’est l’augmentation des revenus des dirigeants d’entreprise en 2007
- Entre 200 000 et 219 000, c’est le nombre de cadres qui devraient être embauchés en 2008
- 400 000, c’est le nombre d’emplois à créer à l’horizon 2015 dans le secteur de la dépendance, selon Valérie Létard, secrétaire d’Etat à la Solidarité.
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L’interview de Martin Hirsch
A signaler : "La chômarde et le haut commissaire""Il y a des millions de gens à convaincre, tous ceux qui pensent qu'il n'y a rien à faire". Martin Hirsch a pris la plume, aux côtés d'une "chômarde", pour expliquer son projet de revenu de solidarité active (RSA). « La chômarde et le haut commissaire » de Martin Hirsch et Gwenn Rosière Oh Editions - 250 p. - 14,90 euros |
La lutte contre la pauvreté
Martin Hirsch a d’abord rappelé que c’était la première fois qu’un gouvernement se fixait des objectifs
précis en matière de réduction de la pauvreté. L’objectif d’ici cinq ans : 2,3 millions de personnes en moins sous le seuil de pauvreté, ce qui équivaut à la réduction d’un tiers des personnes dites « pauvres ». L’ensemble des acteurs, Etat, partenaires sociaux, associations, seront impliqués.
Refuser l’assistanat pour donner à chacun les chances de trouver sa place dans la société
La création du RSA (Revenu de Solidarité Active) est « un système très simple » : il s’agit de garantir à toute personne qui retrouve un emploi qu’elle gagnera davantage que lorsqu’elle ne travaillait pas, ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui. Le RSA remplace le RMI, l’Allocation Parent Isolé, la prime pour l’emploi et garantit une augmentation de revenu en cas de reprise d’un emploi. Il s’agit « d’une logique de revenu garanti ».
Signalons le blog du Grenelle de l'Insertion : www.grenelle-insertion.fr
Ce blog régulièrement alimenté par Martin Hirsch s'inscrit dans le processus du Grenelle de l'insertion pour informer le public de l'avancée des travaux, susciter le débat et connaître les rencontres qui vont rythmer le Grenelle jusqu'à fin mai.
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La parole aux internautes
Après la présentation des grandes innovations gouvernementales, Martin Hirsh a répondu à un certain nombre de questions posées à la fois par les internautes et relayées par Thierry Solère, président de la fédération numérique de l’UMP, et par quelques adhérents invités à assister à l’enregistrement de l’émission :
- Les questions des internautes :
« Combien il y a t-il de places d’hébergement en France et ce chiffre a-t-il augmenté depuis trente ans ? » Aujourd’hui, on compte environ 20 000 places d’hébergement d’urgence et 25 000 pendant l’hiver. Par rapport à il y a une trentaine d’années, les places ont plutôt tendance à augmenter alors que le nombre de personnes dans la rue n’a pas tendance à baisser. Il s’agit aujourd’hui non pas de « faire une course folle à plus de places », mais « d’apporter des réponses plus satisfaisantes aux personnes », comme par exemple le développement des pensions de famille.
« Le Grenelle de l’insertion ne va-t-il être qu’un « Grenelle de plus » ? » Que seront ses objectifs ? Cette grande concertion permet de mobiliser l’ensemble des acteurs, de les faire travailler ensemble pour éviter que « chacun ne se renvoie la balle ».
« Quelle est la différence entre RSA et RMI ? » La différence fondamentale est que le RMI ne permet pas de gagner davantage d’argent quand on reprend un travail. Le RSA vient « accompagner un parcours ».
« Quand les minima sociaux vont-ils réellement augmenter ? » Au cours de ces dernières années, les minima sociaux ont augmenté moins vite que le coût de la vie et que les autres revenus. Augmenter les minima sociaux de trente euros, par exemple, n’est pas une solution pour Martin Hirsch. Ce qu’il faut, c’est revoir l’ensemble du système, ce que permet justement le RSA. Dans les départements qui expérimentent le RSA, on observe une moyenne de 200 à 250 euros de revenu en plus par mois.
« Y a t-il une politique commune au niveau européen en matière de lutte contre la pauvreté ? » Sous la présidence française, l’ensemble des responsables européens en charge de la Solidarité se réuniront le 16 octobre 2008 pour échanger leur point de vue. La France essaiera à cette occasion de convaincre les autres pays de prendre des engagements en matière de réduction de la pauvreté.
« Comment mieux tenir compte de la lutte contre les discriminations dans la lutte contre la pauvreté ? » Martin Hirsch s’est dit favorable personnellement aux statistiques permettant de mesurer ce phénomène afin de mieux lutter contre ce dernier.
- Les questions des adhérents :
S’exprimant en direct, trois adhérents ont posé leur question à Martin Hirsh.
Question de Daisy : « Que prévoit-on pour remédier à la situation des sans-abris à Paris ? » On estime à 100 000 personnes le nombre de « personnes à la rue. » à Paris. De plus, on a constaté que plus d’un tiers de ces personnes avait un emploi. Martin Hirsch a proposé d’aider les associations à louer des logements pour pouvoir ensuite les sous-louer légalement aux personnes en difficultés à un tarif plus bas : l’Etat paiera la différence. Une deuxième idée est de développer des petites unités telles que des pensions de famille pour accueillir les sans-abris. Enfin, un débat sur le parc privé des villes et des établissements publics doit avoir lieu.
Question de Philippe : « Quel est le montant récolté par les associations et qui vont dans le même sens que l’action conduite par le Gouvernement ? » L’ensemble des dons se situe entre un milliard et 1,5 milliard d’euros. Le Gouvernement travaille au quotidien avec ces associations, ainsi qu’avec les syndicats, les employeurs, et les entreprises d’insertion.
Question de Yannick : « Comment remettre les personnes handicapées en situation de travail sans que leur handicap soit un frein à l’embauche ? » Martin Hirsch a souligné qu’aujourd’hui, lorsqu’on reprend un travail, on peut perdre l’Allocation Adulte Handicapés. Le RSA sera donc, dans ce cas très précis, extrêmement utile.
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L’histoire de la semaine :
L’aide personnalisée au logement
L’APL est une prestation versée « sous conditions de ressources » à certains propriétaires ou locataires. Les bénéficiaires : toute personne quelle que soit sa situation de famille, avec ou sans personne à charge, qui exerce ou non une activité professionnelle et quelle que soit sa nationalité, sous réserve de pouvoir justifier d’être en situation régulière. L’aide est versée soit au bailleur, soit à l’organisme traiteur. Le problème actuel est que cette aide diminue fortement lorsqu’on reprend un travail, même au SMIC (elle passe de 178 euros à 390 euros).
Le RSA vient répondre à cette difficulté.



