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Un forum pour l’Europe
Le second forum européen du Conseil national de l'UMP s’est tenu mardi 29 avril à l’Assemblée Nationale, sur le thème de « La Présidence française et l’après Lisbonne », sous le haut-patronage de Jean-Pierre Raffarin. Ce rendez-vous a été l’occasion pour l’UMP d’aborder les principaux défis qui attendent la Présidence Française de l’Union Européenne le 1er juillet prochain.

Pierre Méhaignerie, vice-président du Conseil national de l'UMP a accueilli Pierre Lequiller, Président de la délégation de l’Assemblée Nationale pour l’Union Européenne, Hubert Haenel et Alain Lamassoure, pour amorcer le dialogue sur ce qui constituera l’un des enjeux essentiels de la prochain présidence de l’Union Européenne par la France : préparer la mis en en œuvre du Traité de Lisbonne, en cours de ratification, et dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 1er Janvier 2009.
 Pour en parler, deux invités d’honneur étaient conviés : Peter Altmeier, député CDU au parlement allemand et Secrétaire d'Etat au ministère fédéral de l'Intérieur, et Jacek Saryusz-Wolski, député européen polonais PPE.


Un double enjeu pour les membres du Parti Populaire Européen (PPE)

Alain Lamassoure, député européen et Secrétaire National à l’Europe, a rappelé le caractère déterminant de la prochaine présidence de l’Union Européenne, qui verra se réaliser pendant la durée de son mandat la ratification par les 27 pays du Traité de Lisbonne signé le 13 décembre 2007, et qui aura la responsabilité de préparer l’application de ses nouvelles procédures pour le 1er janvier 2009. Une tache essentielle qui nécessitera l’implication la plus grande des membres du PPE pour aider Nicolas Sarkozy et son gouvernement dans l’exercice de la Présidence de l’UE. Les parlementaires PPE auront également à travailler sur le programme politique du parti pour 2009. En effet, le Traité de Lisbonne conférant de nouveaux pouvoirs au Parlement européen, il sera plus que jamais essentiel pour tous les députés de constituer une véritable feuille de route.


Vers une politique étrangère unifiée et renforcée

Jacek Saryusz-Wolski, député européen polonais, s’est ensuite exprimé sur les enjeux de la  politique étrangère commune dans le cadre de la présidence française de l’UE et des changements apportés par le Traité de Lisbonne. En effet, la nouvelle fonction de « haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » permettra une meilleure concentration de la souveraineté des Etats-membres dans ce domaine. Le député a ainsi appelé à une politique étrangère forte et cohérente, fondée sur quatre principes :

- le respect des valeurs de l’UE : démocratie, Droits de l’Homme, etc.
- la reconnaissance d’une identité européenne forte ;
- la légitimité démocratique exercée par le Parlement ;
- l’union des pays membres sur le plus grand nombre possible de sujets.

Jacek Saryusz-Wolski a également insisté sur l’excellence de la diplomatie française, laquelle doit permettre à la France de s’ériger en modèle pour les pays membres de l’UE dans ce domaine tout au long de se Présidence.

De plus, il a formulé le souhait d’une politique étrangère davantage géopolitique et stratégique, davantage « maitre du jeu » sur le terrain comme peuvent l’être les Etats-Unis et la Russie.  Pour ce faire, l’Union Européenne doit se munir d’une capacité militaire à la hauteur de ses ambitions, afin de faire face aux grands conflits mondiaux. « Il faut sortir de cette impuissance de l’Union Européenne » a-t-il déclaré. Quant au rôle de la force militaire de l’UE sur le plan international, il doit s’affirmer sans pour autant entrer en contradiction avec l’OTAN ; les deux forces doivent dès à présent travailler sur le principe d’une complémentarité indispensable.

Enfin, Jacek Saryusz-Wolski a salué l’initiative de Nicolas Sarkozy dans ce qu’il a appelé « la politique de voisinage », au travers du projet de l’Union pour la Méditerranée. Il a estimé que loin de créer des clivages entre les pays du Nord et du Sud de l’Europe, cette nouvelle perspective d’échanges encouragerait les pays du Nord à travailler pour une politique tournée vers l’Est « plus musclée ».


Une Europe en pleine mutation

Peter Altmeier, député allemand et Secrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur, s’est quant à lui attaché à mettre en lumière la conjoncture politique sous laquelle la présidence française de l’UE interviendra. Il s’est à ce sujet dit « très optimiste », prévoyant « un grand succès pour toute l’Union Européenne ».

En effet, la présidence française intervient à un moment de profondes mutations qui ont contribué à sortir l’Europe de l’immobilisme. Le Secrétaire d'Etat allemand a ainsi salué les efforts conjoints d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy grâce à qui la notion d’ « intérêt européen » a pu être redéfinie. La signature du Traité de Lisbonne a été le résultat de compromis essentiels, ayant rappelé à l’ensemble des pays membres que « l’Europe est plus que la somme de 27 ». Il a en outre apporté un nouvel élan aux ambitions de l’Union, une nouvelle dynamique.

Peter Altmeier a ensuite rappelé les quatre priorités de la présidence française de l’Union Européenne :

- l’énergie ;
- la politique d’immigration et d’intégration ;
- l’environnement et le développement durable ;
- la politique étrangère et la défense.

Il a ainsi félicité Nicolas Sarkozy et son Gouvernement de porter l’accent en premier lieu sur les questions politiques, avant les questions institutionnelles, comme l’avait fait Angela Merkel en 2005. Le thème de l’immigration devient un élément de plus en plus crucial de la politique de l’UE, compte-tenu de l’afflux d’immigrants clandestins dont sont victimes certaines régions d’Espagne, d’Italie et de Malte. Un pacte commun d’immigration constituerait dans ce sens « un progrès énorme pour tous ».

Peter Altmeier a conclu sur la responsabilité de tous les pays membres à soutenir la France durant les six mois de sa présidence de l’Union, en vue des attentes particulièrement fortes d’une Europe en pleine mutation.


L’après Lisbonne : pour une implication des parlements nationaux

Hubert Haenel, Président de la délégation du Sénat pour l’Union Européenne, a souligné la nécessité pour le Parlement Européen de bénéficier de la collaboration active des Parlements nationaux. Ces derniers devront, grâce au Traité de Lisbonne, prendre davantage part aux questions européennes. En effet, le nouveau traité prévoit un mécanisme de contrôle renforcé du respect du principe de subsidiarité ; ce mécanisme permet aux Parlements nationaux de faire échouer des propositions de la Commission qui ne respecteraient pas ce principe, par un système de « cartons » adressés à la Commission.


L’UMP au cœur de l’Europe

Pierre Méhaignerie s’est réjouit du regain d’intérêt des citoyens français pour les questions européennes, et s’est dit particulièrement satisfait de l’engagement de la « famille UMP » dans la préparation de la présidence française de l’Union Européenne aux cotés de Nicolas Sarkozy et du Gouvernement. Il a par ailleurs tenu à remercier chaleureusement le soutien apporté par les membres européens du PPE dans cette action qui sera à bien des égards un moment clé du mandat de Nicolas Sarkozy.

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