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Discours
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Nicolas Dupont Aignan
Congrès pour un mouvement populaire le dimanche 28 novembre 2004 au Bourget

Je vais vous faire une confidence. Ce n’est pas facile de faire campagne en même temps que Nicolas Sarkozy. Mais il y a encore plus difficile, c’est de parler juste avant lui.

Donc, comme Christine, je serai bref. L’occasion de vous dire Merci et de former trois vœux.

Merci à toutes celles et tous ceux qui, au cours de l’été, nous ont parrainé, Elisabeth LAITHIER, Rachid KACI et moi-même, nous permettant d’être candidats et de faire vivre ainsi un minimum de démocratie au sein de l’UMP.

Merci ensuite à vous tous qui par votre participation avez fait de cette élection une réussite.

Merci enfin aux adhérents qui nous ont accordé leur soutien, osant partager avec nous des convictions inébranlables sur la République qui nous manque, sur la France que nous aimons et sur l’Europe dont nous avons besoin.

Alors, c’est vrai, nous aurions préféré exprimer nos convictions devant vous avant la clôture du vote plutôt qu’une semaine après. Mais, nous n’aurons pas l’outrecuidance d’imaginer que cela aurait pu changer grandement le résultat. (Un résultat que Robert Pandraud, dont je salue la patience, va proclamer dans un instant).

D’ailleurs pour abréger l’intenable « suspense », permettez-moi d’adresser du fond du cœur toutes mes félicitations à notre nouveau Président : Nicolas Sarkozy.

Et c’est justement parce qu’au cours des deux derniers mois, nous avons pu avec Elisabeth et Rachid amorcer un débat dans le parti en exprimant notre point de vue sur les questions qui préoccupent les Français, que nous pouvons aujourd’hui nous rassembler derrière toi, Nicolas, pour aider l’UMP à prendre un nouveau départ.

Notre loyauté ne peut faire de doute car notre franchise a été totale et elle le restera.

Aujourd’hui, nous sentons tous ici combien il y a urgence à réussir ce nouveau départ de l’UMP.

D’ici 2007, ne nous y trompons pas, il n’y aura plus pour notre parti d’autre occasion de rebondir. Car, Nicolas, tu seras notre Président jusqu’en novembre de cette année décisive et c’est donc toi, avec nous, qui devras préparer le combat et je le souhaite, la victoire.

Cette victoire, nous ne la remporterons qu’en reconquérant la confiance des Français.

Et puisque nous parlons d’avenir, n’y a-t-il pas meilleur moment qu’une fête comme celle d’aujourd’hui pour exprimer des vœux de réussite ? J’en formerai trois.

Le vœu d’un parti rassemblé.

Le vœu d’un parti démocratique.

Le vœu d’un parti porteur d’une grande ambition pour la France.

Le vœu d’un parti rassemblé tout d’abord.

« Ma différence, loin de te contredire, t’enrichit » disait Saint Exupéry. Là résidait le pari même de la création de l’UMP et de notre victoire en 2002.

Quel était notre pacte fondateur ?

- Additionner les idées et les talents pour refléter la diversité de la droite française : gaulliste, centriste, - libérale
- Organiser, le débat grâce aux fameuses sensibilités à l’intérieur de l’UMP plutôt qu’à l’extérieur.

C’est pourquoi je persiste à croire qu’entre la cacophonie et la caserne, il existe un juste milieu possible : celui des courants d’idées où chaque sensibilité peut faire valoir sa vision du pays et où le vote des militants qui va avec permet d’arbitrer la ligne politique.

Alors oui, former le vœu d’un parti rassemblé c’est aussi former le vœu d’un parti vraiment démocratique.

Un parti vraiment démocratique c’est un parti qui écoute enfin ses adhérents, porte parole des Français dans toute leur diversité. N’ayons pas peur d’entendre la voix des militants qui ont fait nos victoires depuis vingt ans et sont oubliés systématiquement après.

Osons leur confier, comme dans tous les grands partis démocratiques, le choix des candidats qui portent nos couleurs.

Entrée de la Turquie, Constitution européenne, 35 heures, contrôle de l’immigration, …il y a tant de sujets où vous aimeriez dire ce que vous avez sur le cœur.

Osons donc vous consulter.

Et ces consultations, de grâce, organisons les sans céder à la fausse modernité du vote électronique qui, vous avez été nombreux à le remarquer, constitue la manière la plus onéreuse, la plus lente et la moins fiable de voter. Vivement le retour des bonnes vieilles urnes, bulletins, isoloirs et liste d’émargement qui garantissaient le vote secret et personnel !

Mais, cette démocratie interne, n’a de sens qu’au service du redressement de la France, mission que nous ont confiée les Français en 2002.

Aussi, mon cher Nicolas, je forme le vœu d’un parti porteur d’une vraie ambition nationale.

Nos compatriotes sont orphelins d’un projet politique à moyen et long terme, capable de les mobiliser pour relever les défis de notre nouveau siècle.

Or on ne mobilise pas un peuple en le privant de ses repères, en niant sa personnalité profonde, en lui imposant depuis Bruxelles, New York et maintenant Ankara un modèle qui n’est pas le sien.

Jamais dans notre histoire aucun sursaut n’a eu lieu dans la dépendance et la culpabilisation.

Les Français savent bien que pour préserver leur niveau de vie, des efforts importants sont indispensables. Mais, vous qui allez à leur rencontre, vous savez qu’ils ne perçoivent plus dans le triste quotidien de notre vie politique fait de petites phrases, de calculs, d’arrières pensées ou même de coups bas, le fil d’Ariane qui les sortirait du marais de la gestion au jour le jour dans lequel le pays végète depuis trop longtemps.

A nous de rompre avec cette dérive.

A nous de dire la France que nous voulons dans 20 ans.

Je sais Nicolas que tu veux sincèrement préparer ce projet tant attendu. Chaque sensibilité de l’UMP doit donc pouvoir apporter sa pierre à l’édifice commun.

Et notre pierre à nous, gaullistes, c’est bien cette « certaine idée de la France » que nous avons défendue tout au long de la campagne et à propos de laquelle je conclurai mon propos. Une France Républicaine, Forte, Rayonnante.

Une France républicaine tout d’abord, où l’on privilégie ce qui unit à ce qui différencie. Garantir la laïcité, revenir au devoir d’assimilation pour ceux qui aspirent à devenir Français, réformer les services publics pour les sauver et non les faire disparaître, conforter notre modèle social par la participation ou la réforme de la TVA sociale. Voilà des repères forts pour nos compatriotes.

Une France forte ensuite qui, par exemple, doit investir massivement dans l’avenir pour échapper au déclin. Recherche, pôles industriels, universités, là sont les vrais moyens pour lutter contre les délocalisations.

Encore faudrait-il pouvoir desserrer le carcan européen qui, à force de se mêler de tout, perd de vue l’essentiel.

Plus que jamais nous avons besoin d’articuler notre projet national et la construction européenne. Mais une construction européenne qui n’est ni celle de l’élargissement sans fin et ni celle de la Constitution de l’impuissance.

Oui, nous avons besoin d’une autre Europe ! Une Europe qui aurait le courage de délimiter ses frontières, de relancer sa natalité, d’autoriser les coopérations scientifiques et technologiques à la carte et de respecter les peuples qui la composent.

Nous aurons l’occasion d’en reparler lorsque, en 2005, les Français choisiront, j’espère en toute liberté, l’Europe qu’ils veulent.

Enfin, la France que nous aimons c’est la France rayonnante, comme lors de la crise irakienne où elle a eu le courage de dire sa vérité, offrant l’espoir d’un monde multipolaire.

Une France retrouvant la fierté de sa langue et de sa culture. Une France capable de promouvoir un autre modèle que celui de l’argent roi. Une France s’attachant à réduire le fossé entre le Nord et le Sud, comme à protéger l’environnement, deux défis cruciaux à relever puisqu’ils concernent la survie de la terre et des générations futures.

Renforcer notre cohésion sociale et nationale, redécouvrir les vertus de l’effort et de l’indépendance, assumer l’originalité de notre message universel. En un mot, ne pas avoir peur d’être nous-mêmes, de vouloir maîtriser à nouveau notre destin, telle est l’ambition que nous voulons à Debout la République vous faire partager.

Volonté, sincérité, courage, écoute, respect des militants, intégrité, sobriété, amour du pays ; voilà les mots que nous aimerions voir mis en musique et traduits en actes par l’UMP au service de notre bien commun, la France.

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