
Tribune de Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire Générale Adjointe, Secrétaire d'Etat à l'Ecologie
Parue dans le Figaro du 1er septembre 2008
La politique n’est pas qu’une affaire de style. Mais le style fait tout à fait l’affaire. Ne pas mentir, ne pas tricher, faire ce que l’on a promis (lutter contre la pauvreté, rendre l’accès au travail à ceux qui en sont exclus depuis trop longtemps). Quel changement ! Quel étonnement pour tous ceux qui regardent la politique aujourd’hui avec des bésicles d’hier !
Quoi : un président qui met en œuvre une vraie politique de solidarité, qui veut effacer concrètement les fractures qui minent notre modèle de société, fait d’équité et de justice.
Incroyable : le chef de l’Etat s’attaque à la pauvreté, à la pire des gangrènes contemporaines, l’indifférence et l’abandon ; il fait du travail une valeur active, efficace, le principe de son action bien au-delà de simples déclarations. La surprise est là ! Nicolas Sarkozy veut la rupture.
Mais chacun voudrait rester cantonné dans les vieux schémas. A la gauche l’égalité, à la droite la sauvegarde de je-ne-sais quel patrimoine…
Et vient le RSA, ce revenu de solidarité active financé par un appel au partage. Les socialistes réunis dans leur énième université de rentrée n’en croient pas leurs oreilles et, pris, imaginent-ils, à contre-pied, restent bouche bée. La gauche n’a pas le monopole de la générosité. C’est ainsi. Elle oublie ses dérapages passés : n’a-t-elle pas créé la CSG qui pèse trop souvent sur les plus nécessiteux ? A droite, rares sont ceux qui encore brandissent le dogme de la taxe de plus.
François Bayrou peut-être…
On se gaussait de l’ouverture. Quelle démonstration ! C’est une première. Jamais la France n’a connu un tel esprit d’unité.
Qui trouve à redire aux choix et à l’action de Bernard Kouchner ; connaît-il la moindre entrave ? Qui pourrait murmurer que Jean-Pierre Jouyet n’est pas comme un poisson dans l’eau dans ce moment historique au cours duquel la France occupe la présidence de l’Union européenne ?
Droite, gauche, les catégories anciennes sont réécrites… Tout cela ne revêt plus les mêmes couleurs. Les Français ne s’y trompent pas. Ils savent qui est qui. Ils ont choisi sans hésiter Nicolas Sarkozy car ils veulent que la France change. C’est un besoin, un appel profond des peuples. Que se passe-t-il à Denver ? Pourquoi Barack Obama avant de s’exprimer devant 80 000 personnes prend-il l’attache de Nicolas Sarkozy ?
Voilà pourquoi ce moment politique est aussi important !
Voilà pourquoi je veux voir ici un tournant dans nos petites habitudes qui marquent les derniers jours de tous les mois d’août…



